mercredi, avril 23, 2014

C'est Pâques, c'est Chocolat


Et brioche fourrée à la viande, miummy.



Alors je lui ai répondu que les blancs avaient descendu mon frère, et que je serai plus dur à avoir, mais qu'elle en tout cas, allait y passer, et j'ai refermé ma main sur ses seins jusqu'à ce qu'elle manque de s'évanouir, mais elle ne disait rien.
(...)
Je l'ai mordue en plein entre les cuisses. J'avais la bouche remplie de ses poils noirs et durs, j'ai lâché puis j'ai repris plus bas où c'était plus tendre (...) alors j'ai serré les dents de toutes mes forces et je suis resté dedans. J'ai senti le sang me pisser dans la bouche.

(...)

Ceux du village le pendirent quand même parce que c'était un nègre. Sous son pantalon, son bas-ventre faisait une poche dérisoire.

Boris Vian alias Vernon Sullivan, J'irai craché sur vos tombes

samedi, mars 29, 2014

Feuilletés Maison Express à l'Apéritif



Marre des cah'uèt's, noix de cajou et autres amandes fumées, pas encore envie des dips aux légumes rafraîchissants de l'été ? Ne cherchez plus, l'apéritif idéal est ici : des feuilletés express faits maison ! Avec eux, vous épatez la galerie et émoustillez ses papilles tout en même temps. Tentant, non ?

J'ai repris la recette sur le blog Lucy's Kitchen Notebook, et elle est parfaite comme ça.

Qu'est-ce qu'il nous faut ?
  • 125g de farine (type 55)
  • 140g de beurre
  • 1 pincée de fleur de sel
  • 1 piment rouge au vinaigre ou en sauce adobo 
  • 60g d'eau TRES FROIDE
  • 5 tranches fines de poitrine fumée
  • 30g de fromage type mimolette, pecorino ou cheddar 
  • 30g de fromage type emmental 

Comment procéder ?
  1. Travailler le beurre avec la farine pour obtenir un sablage grossier 
  2. Emincer finement la poitrine et le piment, détailler le fromage en tous petits cubes
  3. Ajouter cette garniture au mélange de farine et beurre
  4. Verser l'eau froide et amalgamer la pâte en boule aussi vite que possible
  5. Fariner largement le plan de travail et le rouleau
  6. Etaler la pâte sur 0,5 cm d'épaisseur en rectangle 3 fois plus long que large
  7. Donner un tour simple à la pâte, tourner d'un quart de tour dans le sens anti-horaire
  8. Répéter l'opération 3 fois pour donner 4 tours en tout
  9. Etaler une dernière fois la pâte et la rouler en forme de boudin
  10. Couper des tranches de 0.5 à 1 cm d'épaisseur
  11. Disposer sur une plaque recouverte de papier sulfurisé, sans trop serrer
  12. Cuire au four à 200°C jusqu'à ce que les feuilletés aient pris une belle couleur dorée
Les feuilletés seront mous à la sortie du four, il faut les laisser refroidir pour qu'ils durcissent. Quitte à les réchauffer quelques minutes avant la dégustation, ils n'en seront que plus gourmands !

Et pourquoi ne pas utiliser cette pâte, si facile à faire, dans tout un tas d'autres recettes ?


lundi, mars 03, 2014

Ravioli à la Betterave (Fatte in Casa)



Les ravioli, je m'y suis déjà essayée, mais je trouve qu'ils sont toujours un peu gros, pas très beaux. Alors je me suis équipée d'une plaque à ravioli de la marque Imperia (comme ma machine à pâtes). Le modus operandi consiste à (i) confectionner de la pâte fraîche, (ii) la laminer jusqu'à une épaisseur mince mais trop, (iii) fariner généreusement la plaque à ravioli puis poser une bande de pâte par-dessus, (iv) garnir les empreintes d'une demi-cuillérée de farce, (v) recouvrir d'une bande de pâte et passer le rouleau jusqu'à ce que la pâte commence à se découper, (vi) démouler et individualiser les ravioli.


Qu'est-ce qu'il nous faut ?
  • 300g de betterave cuite
  • 1/2 pomme de terre
  • 50g d'oignon
  • 20g de beurre
  • 200g de farine
  • 100g de semoule de blé dur
  • 3 oeufs

Comment procéder ?
  1. Cuire la pomme de terre à l'eau bouillante ; laisser refroidir, peler puis réduire en purée
  2. Hacher l'oignon menu et le faire revenir dans une noisette de beurre, à feu doux, quelques minutes 
  3. Mixer la chair de betterave cuite et l'ajouter à l'oignon, cuire encore 2 minutes, assaisonner puis réserver
  4. Mélanger la farine et la semoule dans un saladier, creuser un puits au milieu
  5. Verser les oeufs, puis les incorporer progressivement avec une fourchette, en parcourant systématiquement le bord du saladier 
  6. Amalgamer la pâte en boule et laisser reposer 30 minutes à 1 heure sous film alimentaire, pour éviter qu'elle ne sèche
  7. Diviser la pâte en 4 morceaux, les laminer avec la machine à pâtes jusqu'à l'épaisseur désirée ; Façonner les ravioli avec la planche à ravioli
  8. Cuire à l'eau bouillante salée pendant 2 ou 3 minutes, pas plus ! Si la casserole n'est pas de grande taille, ne pas hésiter à cuire les ravioli par paquets et les sortir à l'égouttoir au fur et à mesure.

On peut congeler les ravioli une fois façonnés : les disposer sur une assiette, sans qu'ils se touchent, les mettre au congélateur une heure environ, puis les sortir et les ranger dans un sac de congélation, avant des les remettre au congélateur.

I find talking so difficult; but loneliness frightens me. I should shut it up in my mind. Yes, that's what I'm afraid of. Going about with something in my mind all my life that never changes. I find it so difficult to change.

Virginia Woolf, Night and Day

lundi, février 24, 2014

Cookies Chocolat et Cranberries



Encore des cookies ! Depuis que j'ai acquis le livre de recettes Les cookies de Laura Todd, une vague de cookies-mania m'a envahie. Je décline à l'envi ce petit gâteau croquant-gourmand en forme de freezbee, qui n'en finit plus de régaler nos papilles au petit dèj'.

Cette fois-ci, j'ai changé ma façon de prélever des boules de pâtes, après avoir lu ce post de Fanny. Il me semblait que je n'arrivais jamais à façonner de belles boules de taille identique, même en laissant la pâte refroidir, et même (surtout !) avec une cuillère à glace. Avec la technique de Fanny, plus de prise de tête : elle étale la pâte en rectangle, la laisse durcir au frais, puis détaille des carrés bien réguliers. Un ou deux passages entre les paumes des mains, et voici des cookies parfaitement calibrés !


Qu'est-ce qu'il nous faut ?
  • 140g de sucre cassonade
  • 125g de beurre mou
  • 1 oeuf moyen
  • 220g de farine
  • 1cc de levure chimique
  • 1cc de bicarbonate de soude
  • 150g de pépites de chocolat noir
  • 75g de cerises ou crandberries séchées

Comment procéder ?
  1. Battre le beurre en pommade avec le sucre
  2. Ajouter l'oeuf et mélanger de nouveau
  3. Mélanger par ailleurs la farine, la levure et le bicarbonate
  4. Ajouter encore le gingembre et les pépites de chocolat
  5. Incorporer les deux masses en 2 ou 3 fois en mélangeant rapidement 
  6. Etaler la pâte en forme de rectangle, laisser raffermir 1 heure au frais 
  7. Découper de petits carrés de taille identique, les rouler un à un entre les paumes des mains pour former des boulettes
  8. Déposer les cookies sur une plaque recouverte de papier sulfurisé, en les espaçant suffisamment (au moins 5 cm)
  9. Cuire 15-20 minutes à 140°C.

Du haut du Janicule, contemplant Rome à nos pieds, il dit pensivement : "Comment voudriez-vous que nous prenions rien tout à fait au sérieux ! Tant de siècles superposés, qui se sont tous contestés les uns les autres ! Tant de fois Rome est morte, tant de fois elle a ressuscité ! C'est impossible pour un Italien de croire à une vérité absolue."

Simone de Beauvoir, La force des choses

samedi, février 22, 2014

Et vous, vous utilisez quoi comme Chocolat pour la Pâtisserie ?


Le chocolat est une véritable vedette en pâtisserie. Qu'il s'agisse d'une tarte, un gâteau ou de la mousse, on utilise généralement du "chocolat à pâtisser" qu'on trouve en grande surface, avec l'idée que ce serait dommage de "gâcher" une tablette destinée à la dégustation. Un peu comme on prendrait un vin de qualité médiocre pour faire un bourguignon. Mais y a-t-il une différence plus fondamentale, un avantage à préférer un chocolat plutôt qu'un autre ?

Le chocolat est un mélange de pâte de cacao, de beurre de cacao et de sucre, avec ajout éventuel de lécithine, arômes, poudre de lait, colorants. Le pourcentage de cacao indiqué sur les tablettes englobe sans distinction la pâte et le beurre de cacao. Ainsi un chocolat à 50% de cacao, contient pour moitié de la pâte et du beurre de cacao, et pour moitié du sucre. La mention "pur beurre de cacao" garantit que le beurre de cacao est la seule matière grasse utilisée et que le chocolat ne contient donc pas d'huile de palme ou d'autres graisses végétales. Un chocolat qui porte légitimement son nom doit comporter au minimum 20% de cacao.

Le chocolat préféré des pâtissiers est dit "de couverture". Il contient au minimum 31% de beurre de cacao, ce qui lui confère des propriétés particulières comme une très bonne fluidité et un grand pouvoir couvrant. Ce qui signifie qu'il est facile à manipuler et se prête très bien à la confection de mousses, ganaches, crèmes...etc. Or la plupart du temps, le pourcentage de beurre de cacao n'est pas indiqué sur les tablettes du commerce vendues comme "spéciales pâtisserie". On vend plus un goût qu'une qualité de chocolat.

Ainsi, je vous conseille, dans la mesure du possible, de choisir votre chocolat en fonction de ses propriétés, considérant l'usage que vous en aurez. Personnellement, j'opte pour le chocolat de couverture noir Valrhona à 66% de cacao, provenance Caraïbes, pour réaliser mes pâtisseries. Je me suis aussi laissée tenter tout récemment par une couverture lait à 40% de cacao, provenance Equateur... à tester ! Je me fournis chez G Detou, spécialiste dans la vente en gros/demi-gros de produits pour la pâtisserie. La maison possède une adresse à Paris et une à Lyon.

Et pour les cookies, les muffins, les scones, quand le chocolat se déguste en morceaux plutôt que fondu, je préfère les chunks très résistants à la chaleur, de la marque G Detou, ou les petites pistoles de chez Cacao Barry, dont la taille est idéale pour des petits gâteaux. Les chunks quant à eux présentent l'avantage de garder leur forme et leur croquant après cuisson.

G Detou
58, rue Tiquetonne, Paris 2ème


Car, la nuit, je mange
Une fille aux cheveux oranges
Qui me dit "T´es beau"
Moi, moi, moi, moi je la crois pas trop
Visage pâle et nom d´animal

Moi, la nuit, je repense au soleil
Et je vide toutes les bouteilles
Je détruis les chambres des hôtels
Là-haut, là-haut
Oui, la nuit, je longe les falaises
Je voyage au gré de mes malaises
Et je nage dans un champ de fraises
L´aurais-je dans la peau?

Benjamin Biolay, Night Shop

jeudi, février 20, 2014

Filet Mignon de Porc à la Moutarde et Pâtes Fraîches aux Epinards


Cette semaine, je vous propose un plat très classe et très goûteux, idéal pour un dîner entre amis. La cuisson rapide (un quart d'heure)  en cocotte permet de garder une viande très tendre, qui s'accorde à la perfection avec la rondeur des pâtes fraîches. Les épinards apportent une touche d'amertume, contre-balancée par le piquant acidulé de la moutarde au cassis. De fabrication artisanale, en provenance directe de la Moutarderie de Beaune, celle que j'ai utilisée ici magnifie littéralement les saveurs.


Qu'est-ce qu'il nous faut ? 
  • 2 filets mignons de porc de 400g 
  • 2 petites échalotes
  • 1 petit verre de vin blanc sec
  • 2cs de crème fraîche épaisse
  • 1cs bombée de moutarde au cassis
  • 1cs de miel d'acacia
  • 2cs d'huile d'olive
  • 1 bouquet garni
  • 250 mL d'eau
  • 3 œufs
  • 300g de farine 
  • 300g de feuilles d’épinards
  • 100g de semoule de blé dur
  • 1 cs d’huile d’olive
  • 1 pincée de sel

Comment procéder ?
  1. Laver puis égoutter les épinards ; les faire cuire 5 minutes dans une poêle à sec ; égoutter puis hacher au mixer ; les ajouter aux œufs 
  2. Verser la farine et la semoule de blé dur dans un saladier ; ajouter au centre une pincée de sel et une cuillerée à soupe d’huile, puis les œufs-épinards
  3. Mélanger les œufs en incorporant petit à petit la farine avec une fourchette ; pétrir à la main jusqu’à obtenir une pâte homogène
  4. Diviser la pâte en 4 et laminer chaque portion avec une  machine à pâtes, en ajoutant de la farine au besoin, jusqu'à obtenir des bandes élastiques et solides
  5. Découper chaque bande en forme de tagliatelles ; passer largement dans la farine avant de former des rosaces et de les ranger dans une assiette
  1. Chauffer l'huile dans une cocotte ; faire dorer les filets mignons sur toutes les faces à feu vif ; réserver sur une assiette
  2. Peler et émincer les échalotes ; les faire revenir quelques minutes à feu doux dans la cocotte 
  3. Mouiller du vin blanc, racler les sucs et laisser évaporer complètement 
  4. Remettre les filets au milieu de la cocotte ; verser l'eau et ajouter le bouquet garni, le miel ; porter à ébullition
  5. Mélanger, baisser et laisser mijoter à couvert et à feu doux pendant 15-20 minutes ; ajouter de l'eau en cours de cuisson si besoin
  6. Sortir les filets et les poser sur une assiette, recouverts de papier aluminium pour les garder chauds
  7. Ajouter la crème et la moutarde dans la cocotte, bien mélanger et chauffer à la limite de l'ébullition
  8. Découper les filets en médaillons, les mettre à réchauffer légèrement dans la cocotte
  9. Cuire les pâtes 2-3 minutes à l'eau bouillante salée ; bien dérouler les rosaces avant de les plonger dans l'eau.

Pour une conservation optimale de votre moutarde, rangez-la au réfrigérateur. Quand elle ne pique plus, c'est qu'elle est fichue.


samedi, février 15, 2014

Faire un Panettone un Soir de Semaine



Il est 16 heures, un jour de semaine, et vous pensez à ce cube de levure qui ne peut pas traîner indéfiniment au frigo, vous vous dites qu'il faut l'utiliser, très bientôt, que ça devient urgent. Vous n'aimez pas gâcher. Et puis, pour demain matin, à part quelques tranches de pain congelées, qu'est-ce qu'il vous reste ?... C'est alors qu'une idée saugrenue germe dans votre petite tête gourmande. Vous avez envie de Panettone. Vous vous souvenez que vous avez toujours un pot de raisins de Corinthe  hors d'âge -- même que le sucre des raisins est archi-cristallisé tout autour d'eux -- et aussi un paquet ouvert d'écorces d'oranges confites, qui sèchent à vue d'oeil. L'envie devient irrésistible, elle vous paraît de plus en plus réalisable; vous allez faire un Panettone ce soir.

Alors, biensûr il faut un peu d'organisation pour se lancer dans la boulange en pleine semaine. En rentrant à 19h, et si vous n'êtes tout de même pas prêt à consacrer votre soirée à la pâtisserie, comment vous en sortir ? La solution pas à pas...

Qu'est-ce qu'il nous faut ? 
  • 20g de levure fraîche de boulanger
  • 250 mL de lait
  • 600 g de farine
  • 6 jaunes d'oeufs
  • 150 g de cassonade
  • 200 g de beurre mou
  • 75 g de raisins de Corinthe
  • 150 g d'écorces d'oranges confites
  • 3cs de Grand-Marnier

Comment procéder ? 
  1. Verser l'alcool sur les raisins et les écorces d'oranges, ajouter un peu d'eau chaude et laisser macérer dans un coin
  2. Faire tiédir le lait sur feu doux ; mettre 150g de farine dans un saladier et y creuser un  puits, y émietter la levure, verser 100 mL de lait et tout mélanger 
  3. Laisser reposer ce levain une trentaine de minutes dans le four à 50°C, le temps de préparer le dîner
  4. Mettre le reste de farine dans un saladier, déposer le levain au centre ; commencer à pétrir puis verser le reste de lait 
  5. Ajouter les jaunes d'oeufs et la cassonade, mélanger ; incorporer enfin le beurre mou avec les doigts 
  6. Travailler énergiquement pendant une quinzaine de minutes, jusqu'à ce que la pâte forme une boule élastique (elle devrait cependant coller encore un peu)
  7. Placer dans un saladier, recouvrir d'un torchon propre et laisser reposer environ 2 heures, pendant le film, à proximité d'un radiateur : la pâte doit doubler de volume
  8. Rompre la pâte, y incorporer les fruits préalablement égouttés, pétrir un peu
  9. Beurrer et fariner le moule, le garnir de la pâte, couvrir du torchon ; Laisser pousser toute la nuit dans une pièce pas trop chauffée
  10. Le lendemain matin, au lever, préchauffer le four à 170°C ; au sortir de la douche, Enfourner le panettone et cuire 1h à 1h15
  11. Laisser refroidir complètement avant de démouler ; saupoudrer de sucre glace pour le service.
Je ne sais pas où trouver des moules à panettone. Comme  je n'en avais pas, j'ai utilisé mon moule à Kougelhopf, ce qui a très bien fonctionné à mon goût. Pour tout dire, le panettone contient la juste dose de sucre pour être dégusté tel quel au petit déjeuner, alors que le kougelhopf est un peu fade. 

Quelquefois on fait ça pour sauver la face, songea Jerry, d'autres fois seulement parce qu'on n'a pas fait son boulot tant qu'on a pas eu la frousse de sa vie. D'autres fois encore, on y va pour se rappeler que survivre, c'est un coup de chance. Mais la plupart du temps, on y va parce que les autres y vont ; pour le machismo ; et parce que pour être dans le coup il faut partager. Autrefois, peut-être, Jerry y était allé pour des raisons plus choisies. Pour se connaître : le style Hemingway. Pour élever son seuil de peur. Parce que dans la bataille comme dans l'amour, il y a escalade du désir. Quand on a été mitraillé, les balles isolées, ça semble banal. Quand on a été arrosé d'obus, la mitraillade, ça devient un jeu d'enfant, ne serait-ce que parce que l'impact d'une balle laisse votre cerveau en place alors que le choc d'un obus vous le fait ressortir par les oreilles. Et puis il y a une certaine paix : il se souvenait de ça aussi. A de mauvais moments de sa vie - quand rien n'allait, l'argent, les enfants, les femmes - il avait connu un sentiment de paix qui venait du fait de comprendre que rester vivant était sa seule responsabilité. Mais cette fois - se dit-il -, cette fois c'est vraiment la raison la plus stupide, et c'est parce que je recherche un pilote complètement camé qui connaît un homme qui avait Lizzie Worthington pour maîtresse.

John le Carré, Comme un collégien

jeudi, février 13, 2014

Entre le Bleu et la Poire


L'accord de la fourme et la poire est un must que les Troisgros ont su magnifier. La chair fondante et naturellement sucrée du fruit chaud s'allie avec un bonheur contrasté à l'intensité crémeuse de la fourme. On peut en imaginer des variantes, comme ici, où la fourme est remplacée par du bleu, plus mordant. Le modus operandi est toujours le même : les demi-poires sont fourrées, puis gratinées au four une dizaine de minutes. On peut au préalable les dorer au beurre, mais ce n'est pas forcément nécessaire.

Pour accompagner tout ça, une petite salade improvisée roquette et radis vert râpé, assaisonnée de vinaigre balsamique, huile d'olive et fleur de sel. Ca dépote !

Les hommes âgés n'ont jamais eu d'ascendant sur moi, je les ai toujours considérés comme étant hors jeu et leurs conseils de sagesse me semblent se détacher d'eux comme des feuilles mortes d'une cime sans doute majestueuse, mais que la sève n'abreuve plus. La vérité meurt jeune. Ce que la vieillesse a "appris" est en réalité tout ce qu'elle a oublié, la haute sérénité des vieillards à barbe blanche et au regard indulgent me semble aussi peu convaincante que la douceur des chats émasculés et, alors que l'âge commence à peser sur moi de ses rides et de ses épuisements, je ne triche pas avec moi-même et je sais que, pour l'essentiel, j'ai été et ne serai plus jamais.

Romain Gary, La promesse de l'aube 

lundi, février 10, 2014

Crêpes Très Parfumées


Quelques tulipes jaunes, et des crêpes, c'est la saison, profitons-en !


Les crêpes, chacun les aime à sa façon, juste saupoudrées de sucre, au citron, sous une couche formidable de chantilly, garnies de cubes de pommes ou de banane, nappées de chocolat, tartinées de confiture... l'essentiel c'est qu'elles soient fines et légères ! Sinon, ce ne sont plus des crêpes, mais des pancakes. Si vous les aimez particulièrement parfumées, cette recette est la bonne. Elle incorpore des zestes d'agrumes, du cointreau ou du rhum, de la fleur d'oranger, et vous pouvez même y ajouter une demi-gousse de vanille charnue. Chargées d'un tel festival d'arômes, elle seront très bonnes simplement sucrées. Une astuce : saupoudrez-les de sucre dans la poêle et roulez-les aussitôt, encore très chaudes ; le sucre fond et les crêpes sont comme caramélisées. De cette façon, elles seront encore excellentes le lendemain matin, et le surlendemain...



Cependant, si vous optez pour une garniture un peu plus gourmande, je vous livre une recette de sauce au chocolat inspirée de celle de Pierre Hermé dans le Larousse du Chocolat.

Qu'est-ce qu'il nous faut ? 
  • 180g de chocolat noir à 60% de cacao
  • 50g de cassonade
  • 220g d'eau
  • 125g de crème liquide 

Comment procéder ? 
  1. Mettre tous les ingrédients dans une casserole à fond épais, porter à ébullition
  2. Laisser mijoter en remuant constamment pendant une quinzaine de minutes.

La sauce va épaissir progressivement jusqu'à napper la cuillère. Elle est prête lorsque un sillon tracé au doigt sur la cuillère ne se referme pas.


mercredi, février 05, 2014

Les Chocolats de Bertrand


Voilà une bonne nouvelle ! Une adresse chocolatée de plus, Bertrand Chocolatier, fait chavirer les papilles de Roanne. Mais qui donc est ce Bertrand ? Un normand tombé amoureux de Roanne, ou peut-être d'une roannaise, passé maître en tout cas, dans l'art de manier le chocolat. Ses ganaches sont d'une finesse remarquable et se déclinent sur une gamme d'épices allant de la cardamome au poivre, en passant par le safran (d'Ambierle !). Les pralinés n'ont rien à leur envier, leur riche croquant est un vrai bonheur sous la dent.

Et puis, il faut aussi mentionner les demi-sphères, qui ne sont pas sans rappeler les "couleurs" de Patrick Roger. Tout comme ces dernières, elles sont remplies d'un mélange fruité acidulé au caramel. Que la coquille en chocolat se brise et c'est une véritable explosion de saveurs en bouche. Bertrand Tessal aurait-il été formé chez le plus connu des chocolatiers Meilleurs Ouvriers de France ?...

Bertrand Chocolatier
44, rue Charles de Gaulle - ROANNE


Voila nous étions deux, nous étions deux
Et j'ai dit oui à son ennui
Si je le pouvais je le regretterais 
Elle était ta meilleure amie
Tu n'aurais pas dû me provoquer 
Avec ce petit garçon de café
Trop de calcul dans ce scandale
Cette fois j'ai gagné la bataille
Le jeu avance 
C'est toi qui abandonneras
Pris d'une névrose 
La fièvre jaune te tend les bras
La fièvre jaune te tend les bras

Chérie c'est pas, c'est pas vraiment ma faute 
Depuis longtemps que j'en ai envie
C'est vrai c'est ta meilleur amie elle était là j'ai dit oui
Être cocu c'est pas la mort c'est toi qui à jour me l'a dit

Faisons faisons la paix au lit car bientôt tout sera fini

La Femme, Nous étions deux.

jeudi, janvier 30, 2014

Pastéis de Nata


Pour les faire vous-mêmes, la recette est ici.

Adieu, Camille, retourne à ton couvent, et lorsqu'on te fera de ces récits hideux qui t'ont empoisonnée, réponds ce que je vais te dire : Tous les hommes sont menteurs, inconstants, faux, bavards, hypocrites, orgueilleux et lâches, méprisables et sensuels ; toutes les femmes sont perfides, artificieuses, vaniteuses, curieuses et dépravées ; le monde n'est qu'un égout sans fond où les phoques les plus informes rampent et se tordent sur des montagnes de fange ; mais il y a au monde une chose sainte et sublime, c'est l'union de deux de ces êtres si imparfaits et si affreux. On est souvent trompé en amour, souvent blessé et souvent malheureux ; mais on aime, et quand on est sur le bord de sa tombe, on se retourne pour regarder en arrière ; et on se dit : " J'ai souffert souvent, je me suis trompé quelquefois, mais j'ai aimé. C'est moi qui ai vécu, et non pas un être factice créé par mon orgueil et mon ennui." 

Alfred de Musset, On ne badine pas avec l'amour

dimanche, janvier 12, 2014

Côtes de Veau en Robe de Laitue et Purée de Butternut


J'ai déniché un petit bijou de livre de cuisine, dans lequel Arthur Le Caisne explique le pourquoi du comment de la réussite de 70 recettes, parmi lesquelles des classiques, et d'autres très personnelles. Parce que La cuisine, c'est aussi de la chimie. Grâce à ce livre, j'ai appris à cuire la queue de boeuf à la limite du frémissement pendant très longtemps. J'ai compris comment cuire une pomme de terre et faire une purée des plus onctueuses. Et puis j'ai trouvé cette recette, étonnante de prime abord : de la laitue cuite qui enrobe un morceau de viande ?! Qui s'est pourtant révélée d'une élégante finesse. Amateurs de viande tendre et goutue, préparez-vous pour une expérience culinaire des plus plaisante.


Qu'est-ce qu'il nous faut ?
  • 3 côtes de veau de 250g
  • 8 feuilles de laitue
  • 3cs d'huile d'olive 
  • 1 courge butternut
  • 450g de pommes de terre
  • beurre
  • lait

Comment procéder ?
  1. Sortir la viande du réfrigérateur 1 heure avant de la faire cuire
  2. Peler la courge et la détailler en tranches épaisses ; cuire au four une petite trentaine de minutes
  3. Laver les pommes de terre et les mettre dans une casserole ; recouvrir d'eau et porter à ébullition, puis laisser cuire une vingtaine de minutes : la pointe d'une couteau doit s'enfoncer dans la chair comme dans du beurre ; égoutter
  4. Peler les pommes de terre et les passer au moulin à légumes avec la courge ; dessécher l'ensemble sur feu doux 
  5. Rincer les feuilles de laitue ; porter une grande casserole d'eau à ébullition ; tremper les feuilles de laitue une à une, laisser cuire 20-30 secondes, puis les sortir à l’écumoire et les faire refroidir dans un saladier rempli d'eau froide ; égoutter sur un torchon propre
  6. Verser 1cs d'huile d'olive sur chaque côte de veau et les badigeonner avec le doigt ; faire dorer 30 secondes de chaque côté dans une poêle brûlante ; réserver sur une assiette ; déglacer la poêle avec 3cs d'eau 
  7. Enrober chaque côte de deux feuilles de laitue et les ranger dans un plat ; utiliser les deux autres feuilles pour boucher les trous ; recouvrir de papier aluminium et enfourner à 160°C pour 10 minutes
  8. Ajouter du beurre froid dans le mélange de légumes, petit à petit, sur feux doux ; porter à ébullition un peu de lait, puis verser le lait progressivement en remuant à chaque fois, jusqu'à obtenir la consistance désirée
  9. Ajouter du beurre dans les sucs déglacés, tout en réchauffant et en fouettant pour obtenir une sauce onctueuse
  10. Assaisonner les côtes de veau à la sortie du four ; servir avec la purée de butternut et la sauce à part.

Mark Hanna: You gotta stay relaxed. Do you jerk off? 
Jordan Belfort: Do I jerk off? Yeah. 
Mark Hanna: How many times a week? 
Jordan Belfort: Like um... three, three or four times maybe. 
Mark Hanna: All right, pump those numbers up, those are rookie numbers in this racket. I myself, I jerk off at least... twice a day. 
Jordan Belfort: Wow.

The Wolf of Wall Street, Martin Scorsese

mercredi, janvier 01, 2014

Kougelhopf pour la Nouvelle Année !



Il y a cinq ans exactement, à l'occasion du passage en l'an 2009, je partageais avec vous une recette de Kouglof alsacien. C'était une première fois, j'avais sorti mon joli moule, et depuis... le moule attendait sagement sur son étagère. Rebelotte aujourd'hui, je vous souhaite une excellente année 2014 avec le meilleur kougelhopf du monde ! La formule n'est pas de moi, mais de Christophe Felder, dont j'ai repris la recette postée sur le blog Le Pétrin en 2007. J'ai suivi très scrupuleusement les indications de Sandra, et à la dégustation je peux bien affirmer que ce kougelhopf là vaut le détour. Avec sa mie moelleuse et sa légère dose de de sucre, il emballerait n'importe quel amateur de boulange.

Pour le réaliser, il faut de la patience, évidemment. Le temps de pétrir la pâte, de la laisser lever, pousser, doubler de volume... un après-midi glandouille de lendemain de fête est parfait pour cela !

Le levain
  • 50g de farine ordinaire T45
  • 10g de levure fraîche de boulanger 
  • 30 mL d' eau
La pâte
  • 300g de farine ordinaire T45
  • 150 mL de lait entier
  • 1 oeuf moyen
  • 40g de sucre
  • 1 pincée de sel
  • 60g de beurre mou
  • 50g de raisins secs (des petits foncés)
  • 1 cs de rhum
  • amandes entières

Comment procéder ?
  1. Délayer la levure dans l'eau ; verser la farine dans un saladier, y creuser un puits et y verser la levure délayée ; mélanger rapidement du bout des doigts et former une boule de pâte ; verser par-dessus 250g de farine, couvrir avec du film alimentaire et laisser reposer environ 1h pour que le levain gonfle
  2. Verser le rhum sur les raisins, mélanger pour bien imprégner et laisser macérer pendant que le levain monte
  3. Ajouter le lait, l'oeuf, le sucre et le sel dans le saladier contenant le levain ; mélanger avec une cuillère en bois pour amalgamer les ingrédients en ajoutant petit à petit de la farine si nécessaire
  4. Pétrir la pâte une quinzaine de minutes, en soulevant et en étirant jusqu'à ce qu'elle prenne une consistance élastique et forme une belle boule
  5. Découper le beurre en morceaux et les enfoncer dans le coeur de la pâte ; continuer à pétrir pour incorporer le beurre, en ajoutant de la farine au besoin
  6. Egoutter les raisins et les ajouter à la pâte: malaxer pour les incorporer et pétrir quelques minutes pour que la pâte soit homogène, former une boule
  7. Couvrir de film alimentaire et laisser lever 1h dans le four éteint, lumière interne allumée
  8. Beurrer généreusement l'intérieur du moule en insistant sur les cannelures puis déposer au fond de chacune d'elle une amande entière
  9. Dégazer la pâte en l'écrasant avec le plat de la main puis la façonner couronne en creusant un trou au centre et en l'élargissant progressivement jusqu'à ce qu'il mesure environ 7 cm
  10. Déposer la couronne dans le moule, couvrir avec un torchon propre et laisser lever 2 h environ : la pâte doit atteindre ou dépasser légèrement le bord du moule
  11. Cuire au four à 200°C pendant une petite demi-heure ; protéger la surface avec une feuille d'aluminium à mi-cuisson ; laisser reposer quelques minutes, puis démouler le kougelhopf encore chaud sur un plat ou une assiette.
Pour habiller le kougelhopf, j'ai adopté la technique de Pierre Hermé : il s'agit de faire fondre une noix de beurre, d'en badigeonner toute la surface de la brioche et de la saupoudrer ensuite de cassonade. Ca croque sous la dent, c'est divin !


Comme les garcons et les filles de mon age
J'connaitrais bientot ce qu'est l'amour
Comme les garcons et les filles de mon age
Je me demande quand viendra le jour

Françoise Hardy, Tous les garçons et les filles


All the young girls from mwtsg on Myspace.

jeudi, décembre 26, 2013

Choux à la Crème Vanille ou Chocolat




Ce long message pour vous souhaiter un joyeux noël et vous livrer une recette de choux à la crème qui ravira les gourmands de tous poils et les gastronomes esthètes. Ces choux sont aussi bons que beaux !

Afin d'obtenir une surface bombée régulière, j'ai opté pour la technique du "craquelin", ersatz de pâte sucrée que l'on utilise comme couverture des choux. Placé en chapeau avant la cuisson, il emprisonne la vapeur dans le chou, favorisant ainsi la montée. Il est possible d'ajouter un glaçage en sus, mais je trouve que l'habillement du craquelin suffit. D'autant que celui-ci peut se parer de différentes couleurs, comme dans les religieuses de Dominique Saïbron.

La recette de la crème pâtissière est à peu de choses près celle de Pierre Hermé, moitié vanille et moitié chocolat. J'ai laissé tomber la poudre à flan recommandée dans la recette originale et lui ai préféré la fécule de maïs. La crème est étonnamment légère, parfaitement lisse et crémeuse. On en mangerait à la petite cuillère !


Le craquelin
  • 80g de beurre
  • 100g de cassonade
  • 100g de farine
  1. Battre le beurre en pommade, lui ajouter la cassonade et la farine
  2. Etaler finement (2 mm) entre deux feuilles de papier sulfurisé
  3. Détailler des disques de 2,5 cm de diamètre max à l'emporte-pièce
  4. Réserver au congélateur 

La pâte à chou
  • 110g de farine
  • 100g de lait
  • 100g d'eau
  • 2 oeufs
  • 30g de beurre 
  • 1 pincée de sel
  • 1 pincée de sucre
  1. Préchauffer le four à 250°C, chaleur statique 
  2. Verser le lait, l'eau, le beurre, le sucre et le sel dans une casserole et porter à ébullition
  3. Jeter la farine d'un seul coup hors du feu et remuer vivement 
  4. Assécher la pâte sur feu doux jusqu'à ce qu'elle forme une boule qui se détache des bords
  5. Transvaser dans un saladier et remuer 3-4 minutes pour refroidir à la température de 45°C
  6. Battre les oeufs en omelette, prélever  50g de les ajouter à la pâte ; remuer énergiquement ; faire de même avec les 50g restants 
  7. Tester la consistance de la pâte : tracer un chemin avec le doigt, s'il se referme c'est parfait, sinon, continuer à remuer et à dessécher 
  8. Remplir une poche à douille du mélange et dresser des choux de 3 cm de diamètre, avec une douille de 8 mm, sur une/des plaque(s) recouverte(s) de papier sulfurisé
  9. Recouvrir chaque chou d'un cercle de craquelin bien froid
  10. Eteindre le four et enfourner la/les plaque(s) pour 10 minutes ; rallumer à 160°C et poursuivre la cuisson 20 à 30 minutes : les choux doivent être montés et bien cuits, pour qu'au sortir du four, ils ne retombent pas comme un soufflé
  11. Creuser un trou dans la surface plate de chaque chou ; les laisser reposer dans un endroit ventilé toute la nuit, pour qu'ils sèchent 



La crème pâtissière
  • 500g de lait entier
  • 2 gousses de vanille
  • 130g de sucre
  • 45g de fécule
  • 6 jaunes d'oeufs
  • 50g de beurre mou
  • 180g de chocolat noir amer
  • 140g de lait entier
  1. Préparer un bain d'eau glacée dans l'évier
  2. Fendre les gousses, gratter les grains et les mettre dans une casserole avec le lait et le sucre ; porter à ébullition et laisser infuser quelques minutes
  3. Mélanger la fécule et 120g de jaunes d'oeufs au fouet
  4. Verser 1/3 du lait chaud en filet tout en fouettant, puis reverser dans la casserole et chauffer jusqu'à 83°C en veillant à ne pas faire de grumeaux
  5. Transvaser la crème immédiatement dans un saladier et le mettre dans le bain d'eau glacée pour stopper net la cuisson ; laisser refroidir jusqu'à 60°C
  6. Incorporer le beurre en morceaux et bien homogénéiser
  7. Diviser la crème en deux, réserver une moitié au réfrigérateur, recouverte d'un film étirable 
  8. Râper le chocolat noir et lui ajouter le cacao 
  9. Porter le lait à ébullition, puis verser 120g en trois fois sur le chocolat, en l'incorporant à chaque fois en cercles concentriques
  10. Détendre la moitié restante de la crème à la vanille avec un peu de lait chaud, avant d'y ajouter la ganache au chocolat
  11. Lisser au fouet puis laisser tiédir à température ambiante, avant de réserver au réfrigérateur jusqu'à utilisation (quelques heures max)
  12. Remplir une poche à douille de la crème pâtissière à la vanille et fourrer les choux un à un par le trou creusé en dessous, en utilisant une douille lisse ; procéder de la même façon avec la crème au chocolat.
Un fois fourrés, les choux n'attendent pas pour être dégustés !

lundi, décembre 23, 2013

Lebkuchen au Chocolat



Pour compléter le duo de Bredele de cette année, voici une recette de Lebkuchen, biscuits allemands qui ressemblent à de petits pains d'épices. Ici, ils sont pour moitié glacés au citron, et pour moitié enrobés de chocolat. Ca croque dessus, ça fond dessous, c'est moelleux dedans, c'est terrrrible ! J'ai chopé l'idée sur le blog Beau à la Louche mais j'ai suivi la recette originale livrée par Mingou.


Qu'est-ce qu'il nous faut ?
  • 310g de farine de seigle
  • 1cc de bicarbonate de soude
  • 175g de sucre glace
  • 1cc d'épices à pain d'épices
  • 1cc de cannelle en poudre
  • 3 oeufs
  • 50g de miel
  • 400g de chocolat noir
  • 1/2 jus de citron
  • 80-100g de sucre glace

Comment procéder ?
  1. Mélanger la farine de seigle, le bicarbonate de soude, le sucre glace et les épices dans un grand saladier
  2. Ajouter les oeufs et le miel, mélanger et travailler la pâte jusqu'à obtenir une boule 
  3. Laisser raffermir au frais pendant 1 bonne heure
  4. Abaisser la pâte sur 1/2 cm d'épaisseur sur un plan de travail fariné
  5. Découper des formes à l'emporte-pièce, les poser sur une plaque tapissée de papier sulfurisé, en les espaçant de 2 cm au moins
  6. Cuire 10 minutes maximum à 180 °C, puis laisser refroidir sur une grille (les Lebkuchen doivent rester moelleux
  7. Mélanger le sucre glace avec le jus de citron, puis en badigeonner le dessus de chaque gâteau : le glaçage doit être translucide ; laisser sécher plusieurs heures
  8. Faire fondre le chocolat doucement au bain-marie, laisser tiédir, puis tremper un à un les biscuits pour enrober le côté resté vierge de glaçage ; laisser figer plusieurs heures.
Rangés dans une boîte hermétique en fer blanc, les Lebkuchen se conservent jusqu'à trois semaines.

Monsters are variations from the accepted normal to a greater or a less degree. As a child may be born without an arm, so one may be born without kindness or the potential of conscience. A man who loses his arms in an accident has a great struggle to adjust himself to the lack, but one born without arms suffers only from people who find him strange. Having never had arms, he cannot miss them. Sometimes when we are little we imagine how it would be to have wings, but there is no reason to suppose it is the same feeling birds have. No, to a monster the norm must seem monstruous, since everyone is normal to himself. To the inner monster it must be even more obscure, since he has no visible thing to compare with others. To a man born without conscience, a soul-stricken man must seem ridiculous. To a criminal, honesty is foolish. You must not forget that a monster is only a variation, and that to a monster the norm is monstruous.

John Steinbeck, East of Eden.

vendredi, décembre 20, 2013

Korma de Lotte


Vous cherchez une recette de poisson chic et choc ? Que ce soit à l'occasion des fêtes de fin d'année ou pour un dîner entre amis, la lotte fait toujours son petit effet. Quand en plus elle se pare d'une touche indienne tout en subtilité...c'est la délectation assurée.

Le tout c'est de se procurer de la lotte. On peut tenter le coup d'oeil dans la vitrine de la poissonnerie du Dôme, mais est-ce qu'on osera y entrer ? Elle affiche 60 euros du kilo. Si on compte un peu sur ses doigts, pour 6, voyons, ouhlà là là oui, quand même...on préférera s'approvisionner chez un poissonnier des halles, qui se démènera pour découper 6 médaillons de même épaisseur dans 2 morceaux de lotte tout sauf réguliers. Et faut encore compter que la quantité de chair est moindre dans la queue. Vaudrait ptet mieux détailler 8 morceaux, qu'est-ce que vous en pensez ?

La recette est adaptée de celle Trish Deseine, dans son livre Petits Plats entre Amis.

Qu'est-ce qu'il nous faut ?

  • 6 médaillons de lotte de 180g 
  • 1 gros oignon jaune
  • 1 petite gousse d'ail
  • 1 cc de filaments de safran
  • 15cL d'eau bouillante
  • 50g de gingembre
  • 1cc de cumin
  • 1cc de cardamome 
  • 1cc de cannelle
  • 5 clous de girofle
  • 2cc de coriandre en grains
  • 80g de cajou non salées
  • 150g de yaourt nature
  • 10cL de crème liquide
  • huile d'olive
  • 15g de beurre

Comment procéder ?

  1. Chauffer l'eau, y ajouter le safran et laisser infuser au moins 10 minutes
  2. Peler le gingembre, le mettre dans le bol du mixeur avec les noix de cajou, les graines de cardamome, les clous de girofle, les grains de coriandre, le cumin, la cannelle et le yaourt ; mixer jusqu'à obtenir une pâte lisse
  3. Rincer les morceaux de lotte sous l'eau froide, bien éponger dans du papier absorbant ; badigeonner les morceaux d'un peu d'huile pendant qu'une poêle chauffe ; dorer la lotte quelques seconde à feu vif ; retirer et réserver
  4. Peler et émincer l'ail et l'oignon ; blondir 3 minutes avec très peu de beurre à feux doux
  5. Ajouter le mélange épicé au yaourt, mouiller de l'eau safranée au bout de quelques minutes, bien mélanger
  6. Ajouter le poisson et laisser mijoter à la limite du frémissement pendant une vingtaine de minutes, jusqu'à ce qu'il soit fondant
  7. Verser la crème et réchauffer sans porter à ébullition, pour avoir une sauce liée.
 Servir avec du riz blanc, parfumé au curcuma et parsemé d'amandes grillées à sec.

dimanche, décembre 08, 2013

Zimtsterne


Dans la série des Bredele, je voudrais... les Zimtsterne ! Ces étoiles à la cannelle sont irrésistibles sous leur manteau blanc. Elles croquent littéralement sous la dent avant d'embaumer le palais de leur bon goût de cannelle. Et si, comme moi, vous êtes un peu short sur la cannelle, qu'à cela ne tienne ! Pourquoi ne pas les agrémenter d'autres épices ? 

Elles sont assez faciles à réaliser, il suffit de faire un genre de pâte a tarte, qu'on découpe et puis qu'on fait cuire. La seule technicité de la recette réside dans la confection du glaçage royal. Mais qu'est-ce donc ? Il s'agit simplement d'un mélange de sucre glace et de blanc d'oeuf qu'on étale et qu'on laisse sécher, éventuellement qu'on fait cuire en même temps que les gâteaux. Le tout est de bien doser le rapport blanc/sucre pour obtenir une consistance épaisse, un aspect lisse et brillant. Trop liquide, le glaçage manque d'opacité, trop solide, il casse les dents.

Christophe Felder donne sa version des Zimtsterne dans le dernier numéro de Elle à Table. Je l'ai reprise et l'ai librement interprétée à ma façon...



Qu'est-ce qu'il nous faut ?
  • 175g de beurre mou
  • 15g de cannelle en poudre
  • 10g de poudre à pain d'épices
  • 125g de cassonade
  • 1 œuf 
  • 100g d' amandes en poudre 
  • 250g de farine
  • 200g de sucre glace
  • 1 blanc d'oeuf
  • quelques gouttes de jus de citron 

Comment procéder ?
  1. Battre le beurre en pommade, puis ajouter la cannelle et le sucre
  2. Incorporer l'œuf, puis les amandes en mélangeant bien
  3. Ajouter enfin la farine tamisée, amalgamer rapidement en boule 
  4. Etaler la pâte entre deux feuilles de papier sulfurisé sur une épaisseur de 1 cm
  5. Réserver au moins 1 heure au frais ; découper des étoiles à l' emporte pièce
  6. Déposer les étoiles sur une plaque recouverte de papier sulfurisé
  7. Enfourner 15-20 minutes à 180°C, dès que les étoiles commencent à brunir
  8. Préparer le glaçage royal : Battre le blanc d'oeuf au fouet électrique ; dès qu'il mousse abondamment, ajouter progressivement du sucre glace tout en fouettant ; verser les gouttes de jus de citron ; poursuivre l'ajout de sucre glace jusqu'à obtenir un mélange onctueux et satiné, filant mais ni trop liquide et trop épais
  9. Tremper les biscuits refroidis (une seule face) dans le glaçage, un par un, en laissant égoutter le surplus
  10. Déposer les biscuits sur une grille et les laisser sécher toute la nuit.
Bien rangés dans une boîte en fer blanc, ils se conservent plusieurs semaines, pour le plus grand plaisir des gourmands de tous poils. 

Celui qui croyait au ciel, Celui qui n'y croyait pas
 Un rebelle est un rebelle, Deux sanglots font un seul glas
 Et quand vient l'aube cruelle, Passent de vie à trépas
 Celui qui croyait au ciel, Celui qui n'y croyait pas
 Répétant le nom de celle, Qu'aucun des deux ne trompa
 Et leur sang rouge ruisselle,  Même couleur même éclat
Celui qui croyait au ciel,  Celui qui n'y croyait pas 
 Il coule il coule il se mêle,  À la terre qu'il aima 
 Pour qu'à la saison nouvelle,  Mûrisse un raisin muscat 
 Celui qui croyait au ciel,  Celui qui n'y croyait pas 
 L'un court et l'autre a des ailes,  De Bretagne ou du Jura 
 Et framboise ou mirabelle,  Le grillon rechantera 
 Dites flûte ou violoncelle,  Le double amour qui brûla 
 L'alouette et l'hirondelle,  La rose et le réséda

Louis Aragon, La Rose et le Réséda

jeudi, décembre 05, 2013

Des Cookies !



Ils sont durs, ils sont mous, ils sont fondants, ils croustillent sous la dent, ce sont les cookies ! Avec leurs couleurs pop, ils se déclinent à l'infini pour le plus grand plaisir des yeux, et des papilles.

Cookies au thé vert
(recette adaptée de Les Cookies de Laura Todd)

  • 140g de sucre cassonade
  • 125g de beurre mou
  • 1 oeuf moyen
  • 220g de farine
  • 1cc de levure chimique
  • 1cc de bicarbonate de soude
  • 1cs rase de poudre de thé vert
  • 190g de pépites de chocolat blanc
  1. Battre le beurre en pommade avec le sucre
  2. Ajouter l'oeuf et mélanger de nouveau
  3. Mélanger par ailleurs la farine, la levure, le bicarbonate et le thé vert
  4. Incorporer les deux masses en 2 ou 3 fois en mélangeant rapidement
  5. Ajouter les pépites de chocolat et former plus ou moins une boule 
  6. Laisser raffermir la pâte 1 heure au frais 
  7. Prélever des cuillerées de pâte et les déposer sur une plaque recouverte de papier sulfurisé, en les espaçant suffisamment
  8. Cuire 15-20 minutes à 140°C.

Cookies au chocolat
(recette adaptée du blog Le Pétrin)

  • 35g de farine
  • 20g de cacao en poudre non sucré
  • 1/4 cc de levure chimique
  • 150g de chocolat noir 
  • 30g de beurre
  • 145g de sucre
  • 2 oeufs
  • 100g de pépites de chocolat noir
  1. Faire fondre le beurre avec le chocolat au bain-marie
  2. Battre les oeufs avec le sucre au fouet 8-10 minutes pour blanchir et épaissir
  3. Mélanger par ailleurs la farine, la levure et le cacao 
  4. Incorporer le chocolat et le beurre au mélange à l'oeuf
  5. Mélanger avec les ingrédients secs rapidement sans trop travailler
  6. Ajouter les pépites de chocolat et laisser reposer pendant le préchauffage
  7. Prélever des cuillerées de pâte et les déposer sur une plaque recouverte de papier sulfurisé, en les espaçant suffisamment
  8. Cuire 8 minutes à 190°C.

Cookies aphrodisiaques
(recette adaptée de Les Cookies de Laura Todd)

  • 140g de sucre cassonade
  • 125g de beurre mou
  • 1 oeuf moyen
  • 220g de farine
  • 1cc de levure chimique
  • 1cc de bicarbonate de soude
  • 70g de gingembre confit en dés
  • 190g de pépites de chocolat blanc
  1. Battre le beurre en pommade avec le sucre
  2. Ajouter l'oeuf et mélanger de nouveau
  3. Mélanger par ailleurs la farine, la levure et le bicarbonate
  4. Ajouter encore le gingembre et les pépites de chocolat
  5. Incorporer les deux masses en 2 ou 3 fois en mélangeant rapidement 
  6. Laisser raffermir la pâte 1 heure au frais 
  7. Prélever des cuillerées de pâte et les déposer sur une plaque recouverte de papier sulfurisé, en les espaçant suffisamment
  8. Cuire 15-20 minutes à 140°C.

Cookies au potimarron
(recette adaptée du blog Chocolat & Caetera)

  • 140g de sucre cassonade
  • 125g de beurre mou
  • 1 oeuf moyen
  • 220g de farine
  • 1cc de levure chimique
  • 1cc de bicarbonate de soude
  • 80g de noix de pécan
  • 150g de purée de potimarron
  • 190g de pépites de chocolat noir
  1. Battre le beurre en pommade avec le sucre
  2. Ajouter l'oeuf et la purée de potimarron, mélanger de nouveau
  3. Mélanger par ailleurs la farine, la levure et le bicarbonate 
  4. Ajouter encore les noix de pécan et les pépites de chocolat
  5. Incorporer les deux masses en 2 ou 3 fois en mélangeant rapidement
  6. Laisser raffermir la pâte 1 heure au frais 
  7. Prélever des cuillerées de pâte et les déposer sur une plaque recouverte de papier sulfurisé, en les espaçant suffisamment
  8. Cuire 15-20 minutes à 140°C.

dimanche, décembre 01, 2013

Le Chocolat Bonnat



Parce qu'il n'y a tout de même pas que Pralus dans la vie d'un amateur de chocolat, je me devais de goûter les tablettes de chez Bonnat. Etablie à Voiron, voilà près de 30 ans que cette maison propose une sélection fine de chocolats "pure origine". Elle a adopté depuis longtemps une approche locale du bout du monde. au plus près de ses fournisseurs, les producteurs de cacao.

Il y a quelques années, les artisans chocolatiers fabriquant eux-même leurs couvertures, directement à partir des fèves, se comptaient sur les doigts de la main : Bonnat, Pralus, Cluizel, Marcolini (quoique celui-ci soit belge). Aujourd'hui la tendance à la fabrication revient en force ! Alain Ducasse a récemment ouvert en grande pompe sa manufacture près de Bastille ; même Jean-Paul Hévin s'y met dans sa chocolaterie de Colombes. D'où vient ce soudain engouement ? Recherche d'une qualité d'exception, problème d'approvisionnement auprès des couverturiers, volonté de développer un mode de production plus équitable, ou simple coup de pub ? L'avenir nous le dira peut-être.

Mais revenons à nos moutons. Le chocolat Bonnat se présente sous la forme de petits carrés, qui cassent net sous la dent et fondent lentement en bouche. La texture semble moins grasse que celle du chocolat Pralus. Le goût est pur, celui d'un chocolat fin. Tablettes approuvées !

En enfermant Albertine j'avais du même coup rendu à l'univers toutes ces ailes chatoyantes qui bruissent dans les promenades, dans les bals, dans les théâtres, et qui redevenaient tentatrices pour moi parce qu'elle ne pouvait plus succomber à leur tentation. Elles faisaient la beauté du monde. Elles avaient fait jadis celle d'Albertine. C'est parce que je l'avais vue comme un oiseau mystérieux, puis comme une grande actrice de la plage, désirée, obtenue peut-être, que je l'avais trouvée merveilleuse. Une fois captif chez moi, l'oiseau que j'avais vu un soir marcher à pas comptés sur la digue, entouré de la congrégation des autres jeunes filles pareilles à des mouettes venues on ne sait d'où, Albertine avait perdu toutes ses couleurs, avec toutes les chances qu'avaient les autres de l'avoir à eux. Elle avait peu à peu perdu sa beauté. Il fallait des promenades comme celles-là, où je l'imaginais sans moi accostée par telle femme ou tel jeune homme, pour que je la revisse dans la splendeur de la plage, bien que ma jalousie fût sur un autre plan que le déclin des plaisirs de mon imagination.

Marcel Proust, La prisonnière.

lundi, novembre 25, 2013

Oignons de Roscoff Confits



Roscoff, c'est très joli, la côte découpée, la baie, les poissons, le ciel bleu ou gris, les nuages et à travers eux, des raies de lumière perçants, magnifiques, presque divins.

Roscoff c'est aussi une tradition culinaire, bretonne par essence, où les galettes, le farz et le kouign-amann ont la part belle. Cependant, la ville doit surtout sa réputation à ses légumes, et en particulier à l'oignon rose de Roscoff, estampillé d'une Appellation d'Origine Contrôlée. La tresse d'oignons emblématique de la ville était vendue au 19e siècle jusque sur les marchés de Grande-Bretagne par les paysans de la région, surnommés les Jonnhies.

L'oignon de Roscoff est plus doux que les autres, et se conserve mieux, paraît-il. Il se fait longuement confire, avant de s'utiliser en garniture de galette par exemple. Je vous recommande particulièrement la quiche à l'oignon confit, excellente avec une petite salade verte.


Qu'est-ce qu'il nous faut ?
  • 500g d'oignons de Roscoff
  • 50g de beurre
  • 1cs de vinaigre de framboise  
  • 1 feuille de laurier 
  • 1 branche de thym
  • 1cc de sucre
  • 1cc de sel
  • poivre

Comment procéder ?
  1. Peler les oignons et les émincer finement
  2. Faire fondre le beurre dans une casserole à fond épais (en fonte idéalement)
  3. Ajouter les oignons, la feuille de laurier froissée et le thym
  4. Laisser les oignons suer une trentaine de minutes à feu doux, sans coloration ; ils doivent être tendres
  5. Ajouter le vinaigre, le sel et le sucre et poursuivre jusqu'à obtention d'une couleur blonde 
  6. Assaisonner avec un peu de poivre blanc ou noir.



Je t’aime éperdument, ma chère,
J’ai perdu le sens de la vie
Je ne connais plus la lumière,
Puisque l’Amour est mon envie,
Mon soleil et ma vie entière.
Écoute-le battre mon coeur !
Un régiment d’artillerie
En marche, mon coeur d’Artilleur
Pour toi se met en batterie,
Écoute-le, petite soeur.

Guillaume Apollinaire, Poèmes à Lou.