mercredi, septembre 28, 2005

Je dompte mon four

Mon four (je dis mon mais c'est pas vraiment le mien, c'est celui d'Alison) est très capricieux, parce que sûrement très vieux. Il chauffe quand on lui demande de chauffer, ok, mais ensuite il décide que ça suffit, qu'il a fourni trop d'effort, alors il s'arrête, le con, et il refroidit. Une fois qu'il est en dessous d'une barre critique (qu'il fixe lui même avec ses petits capteurs apparemment) il se remet à chauffer parce qu'il est soucieux de remplir sa fonction : cuire. Voyez, ça me pose soucis, c'est tout un art de cuire dans ce four. Et la pâtisserie c'est un art de précision, merde. (et de doigté)
Ce coup-ci j'ai compris, je lui ai demandé de chauffer plus haut qu'il ne devrait (j'ai d'abord cru qu'il fallait rallonger le temps de cuisson, mais non non, que nenni, faut monter la température). Et j'ai obtenu un merveilleux gâteau à l'orange et au chocolat, lovely dixit Alison.

  • 100g de chocolat noir amer, grossièrement râpé
  • 4 oranges, dont 3 bio dont vous aurez prélever le zeste
  • 4 oeufs
  • 120g de beurre mou
  • 50g de sucre
  • 50g de cassonade
  • 50g de sucre glace
  • 100g d'amandes en poudre
  • 60g de farine (raising flour)
  • 1/2 cc de levure (baking powder)
Travailler le beurre en pommade avec le sucre et la cassonade
Incorporer les oeufs un à un
Ajouter la poudre d'amandes, les zestes, la farine et la levure
Verser le jus de deux oranges et homogénéiser la préparation
Tapisser un moule à manquer beurré
Recouvrir d'une couche de 50g de chocolat
Verser la moitié du reste de préparation
Réitérer la bicouche précédente
Enfourner 45 minutes à 400F
Démouler et laisser reposer une dizaine de minutes
Dissoudre le sucre glace dans le jus de deux oranges
Imbiber le gâteau.

Chaud, froid, n'importe quand, n'importe où, de préférence avec un thé.

"I love you Aniki! Wherever you at, man! "

And my understanding is that the yakuza gangster -- if he's really a top-ranked yakuza -- are not the type of guy who talks a lot. And, usually, it's the silent type of guy who will get to the top. So I just wanted to depict this character as the authentic yakuza guy, who would not concede his behavior, his ideas or his manners, wherever he is.

What I keep in mind when I depict violence in my own films is I always try to depict them in a way that conveys the pain that accompanies it. Because I believe violence in real life is something that is unpleasant to watch. And my policy is to depict violent scenes in such a way that would give a certain amount of aversion to the audience.

Takeshi Kitano

lundi, septembre 26, 2005

I love fresh mushrooms



En ce moment au supermarché on peut choper des champignons frais, des chestnut mushroms par exemple. C'est très ludique les champignons. Déjà quand on les lave en passant délicatement le pouce sur la surface douce et ronde. Ca glisse et c'est soyeux une tête de champignon. Ensuite y a pas toute cette eau salée dans laquelle il baignent habituellement, et puis on peut les cuire pas longtemps si on veut, et j'aime bien les cuire pas trop longtemps, comme ça on sent vraiment qu'ils sont frais, sous la dent.

  • 5 à 10 chestnut mushrooms, lavés et coupés en morceaux
  • 1 verre de riz rond, arbiorio
  • 1/2 casserole de bouillon de poule, porté à ébullition
  • 1 échalote, émincée
  • 1 gousse d'ail, finement hachée
  • 1 morceau de brie crémeux, coupé en petits bouts
  • 1 grosse noix de beurre salé (genre 20-25g)
  • 1cs d'huile d'olive
  • 2cs de persil haché
Chauffer l'huile d'olive gentiment dans une casserole
Faire revenir un peu l'échalote et l'ail, sans coloration, à feu doux voire très doux
Ajouter les champignons et poursuivre quelques minutes, avec un fond de bouillon si c'est sec
Verser le riz et monter le feu, en enrobant les grains
Verser une lichette de bouillon, puis une louche
On remue pour que ça absorbe, on attend que ça absorbe entièrement, on rajoute un peu de bouillon, et caetera pendant une quinzaine de minutes, jusqu'à ce que le riz soit cuit (modus operandi)
Agrémenter de brie et beurre hors du feu, bien remuer
Parsemer de persil, sans remuer
Couvrir et laisser reposer 2 minutes
Remuer cette fois et servir.

A déguster à la cuillère, dans un bol, parce que c'est encore plus ludique de les manger comme ça, les champignons.

For me, there is no other musical artist who weaves his influences so densely to create something so personal and unique.

jeudi, septembre 22, 2005

Accord V : Chocolate and Banana




La ganache est très amere, intense et puissante, délicieusement onctueuse, single cream, chocolate (70%) and butter, no sugar ; à peine figée, ni trop froide ni trop molle. Par dessus les bananes sont coupées en tronçons, caranélisées à la cassonade sur feu vif et subtilement relevées de gingembre moulu et poivre noir concassé. Le tout se déguste en petites quantités, pour éviter que la délectation ne cède devant l'écoeurement. Savoir se limiter, dans la vie, toujours.

  • 2 bananes mures, coupees en tranches
  • 2cs bombees de cassonade
  • gingembre moulu
  • poivre noir concasse
  • 150g chocolat noir amer (70%)
  • 150 mL creme fraiche liquide
  • 30g beurre froid, coupe en des

The theme of my story was integrity, independence of

opinion, the value of individuality ­an armoured self against a
world which constantly assails you by telling you to think and live
by values which may or may not be false to your own tem-
perament and dignity.
I never knew Colin Smith. He was an invention. I made him
up as I went along, but he ran into my life and grew to become
part of it to such an extent that I did, eventually, and at times,
wonder whether I had not known him after all.
In many ways he was me, at least in the way he thought, and
in the bloody-mindedness of his attitudes. The borstal was a
picture of society, the Runner was the artist, and his integrity
was something to value. By losing the race he does indeed seem
to have "cut off his nose to spite his face". Some people have
asked me why I made him lose the race, and I could only reply
that the story wasn't written for them. But by his gesture, in spite
of the loss, he gained a spiritual strength to last the whole of his
no doubt difficult life.

Alan Sillitoe, The loneliness of the long distance runner.

lundi, septembre 19, 2005

Italian lasagnas



Lasagnes version aubergine et bacon fumé, sans sauce béchamel, avec beaucoup beaucoup de mozzarella.
  • 6 plaques de lasagnes
  • 400g de pulpe de tomates
  • 400g de mozarrella, coupee en tranches
  • 1 aubergine, coupee en rondelles
  • 125g de bacon, detaille en allumettes
  • 1 gousse d'ail, finement hachee
  • 2 echalotes, emincees finement
  • huile d'olive
  • 1cc de sucre
  • poivre noir concassé
  • 1 trait de jus de citron
  • origan
la sauce tomate
Faire revenir l'ail et les échalotes dans un peu d'huile d'olive
Verser la pulpe de tomates
Assaisonner de sel, origan et sucre
Laisser frémir une demi-heure à feu très doux (plus c'est long mieux c'est)
Agrémenter hors du feu du trait de citron et de poivre noir concassé

le bacon
Faire revenir le bacon sans matière grasse ajoutée, jusqu'à coloration

l'aubergine
Faire frire les rondelles d'aubergines dans un peu d'huile d'olive
Il vaut mieux les faire dégorger au sel préalablement pour éviter qu'elles n'absorbent l'huile. Option bien pratique mais qui risque de rendre l'ensemble trop salé (mes lasagnes en ont souffert).

la finition
Disposer sur chaque plaque de lasagnes successivement une couche de sauce tomate, quelques allumettes de bacon, quelques rondelles d'aubergine et enfin quelques rondelles de mozarella
Répéter l'opération jusqu'à épuisement de matière, en finissant par une couche de mozzarella
Enfourner 30-35 minutes à 200°C, ou jusqu'à ce que la mozzarella ait bien gratiné.

In the bald and barren north, there is a dark sea, the Lake of Heaven. In it is a fish which is several thousand li across, and no one knows how long. His name is K'un. There is also a bird there, named P'eng, with a back like Mount T'ai and wings like clouds filling the sky. He beats the whirlwind, leaps into the air, and rises up ninety thousand li, cutting through the clouds and mist, shouldering the blue sky, and then he turns his eyes south and prepares to journey to the southern darkness.

The little quail laughs at him, saying, 'Where does he think he's going? I give a great leap and fly up, but I never get more than ten or twelve yards before I come down fluttering among the weeds and brambles. And that's the best kind of flying anyway! Where does he think he's going?" Such is the difference between big and little.

Chuang Tzu



Scottish interests et autres idioties



  1. Football
  2. Beer
  3. Rugby
  4. Crisps
  5. Golf
  6. Whisky
  7. Pipe
  8. Soup

Balzac

His was an extreme ambition. I'm sorry to have to say it, but I don't think there's been a real revolution in the art of the novel since. I think that Balzac defined it for good. And anyway Balzac is very useful to me. It's not a good idea to be too humble. So I try to be a bit of a megalomaniac, to tell myself that I am the best. But it's good to have a little fit of humility every now and then, so I think about Balzac and hey presto, I feel very humble.

Femme (Woman)

My problems with women are not going to get any better. Women often find it difficult to accept pure negativity, and the fact that I have more and more female readers creates an insidious pressure to be more positive. Rather disconsolate women often ask me: "Do you really find life that disappointing?" I have to reply that I do, I don't like life, I don't like the way it's organised. The fact that a heartbreaking read can be deeply heartening is an argument that women sometimes come to understand but not always. Sometimes they want something simpler.

Morality

I never stop making moral judgments in life. In the framework of a novel, it's harder because you start finding excuses. Describing a character as a complete bastard is not feasible for more than a few pages. The novel is really not a moral genre. Everyone ends up more or less becoming moderately nice and moderately nasty.

Q / Cul (Sex)

People often say there's too much sex in my books. I don't feel there is. I've tried to understand why people get this impression. It's probably because in my books sex is treated or happens in an inappropriate way. The jump-cut style gives this impression: there's no preparation, sex happens a bit suddenly. But I think it's the fact that it's unsuccessful sex that has shocked people a lot. The impression of obscenity is much stronger with a scene of unsuccessful sex. And even so, I haven't gone that far: a few inadequate erections, but no scenes of real vaginal dryness. I could have made it even more unsuccessful. I could describe it in a totally disastrous way if I wanted to. And if people annoy me, I will!.

Houellebecq, interview dans The Guardian

lundi, septembre 12, 2005

Cooked Apple and brambles under crumble topping


Ce n'est pas vraiment un crumble, ce n'est pas non plus une salade de fruits rôtis, c'est pas mal, ca se déguste bien chaud ou à température bien ambiante, de préférence accompagné de crème fraîche fouettée (de la chantilly oui) ou de custard frais, ou d'un yaourt crémeux à la vanille pourquoi pas.

  • 3 pommes, coupées en larges tranches et arrosées de citron
  • 150g blueberries ou brambles pour les écossais (une fois encore c'est plus joli que mûres)
  • 2cs bombées de sucre
  • 1 grosse noix de beurre
  • 90g de farine
  • 100g de beurre froid, coupé en dés
  • 75g d'amandes effilées
  • 60g demerara sugar (du sucre de canne en gros)
Faire chanter la noix de beurre
Ajouter les tranches de pommes
Parsemer de sucre
Caraméliser à feu moyen une dizaine de minutes (si le feu n'est pas assez fort, ça s'appelle compoter)
Retirer du feu et ajouter les mûres en remuant
Garnir un plat à gratin du mélange de fruits
Mélanger du bout des doigts le beurre froid et la farine
Incoporer une partie des amandes effilées, broyées grossièrement à la main
Ajouter le sucre et former un mélange sableux
Recouvrir les fruits de ce pseudo-crumble
Parsemer du reste des amandes effilées intactes
Enfourner 20-25 minutes à 400F (je ne garantis pas les températures de cuisson, il s'avère que j'ai un four de merde).

Iggy : Cigarettes and coffee, man, that's a combination.

Tom : Well... we could go to Taco Bell if that's more your style.
Iggy : You callin' me a Taco Bell kind of guy?

Jim Jarmush, Coffee and cigarettes

Spaghetti de luxe





J'annonce sans emphase que ce plat est exceptionnel, surtout pour les amateurs de fruits de mer genre crevettes roses... Il s'agit d'une simple assiette de spaghetti (mais pour faire vrai luxe vous avez le droit de préférer des tagliatelles fraîches) gaînées de sauce crémeuse céleri-tomate et dans lesquelles se sont fourrées d'énormes crevettes roses (pas des petites crevettes précuites de rien là).


Qu'est-ce qu'il nous faut ?

  • 6 raw king prawns (grosses crevettes roses crues), décortiquées et sans boyau (vous aurez pris soin de retirer ce tube noirâtre indésirable qui se cache dans le dos de l'animal)
  • 250g de spaghetti, cuites al dente à l'eau bouillante salée (mais pas à l'avance, soyez pas con)
  • 150 (142) mL de double cream (crème liquide à 48%)
  • 4-5 branches de céleri (des petites tendres et des grosses dures bien vertes), effilées et émincées
  • 150g (une petite barquette) de cherry tomatoes (tomates cerises oui oui), coupées en deux
    1 gousse d'ail, finement hachée
  • 1cs d'huile d'olive
  • 1 filet de jus de citron
  • 1 pincée de curcuma (vous avouerez que turmeric c'est plus joli)
  • 1-2cs de persil plat


Comment procéder ?

  1. Faire revenir 1-2 minutes l'ail dans l'huile, sans colorer
  2. Ajouter le celeri et laisser attendrir jusqu'à 10 minutes
  3. Ajouter les tomates cerises et saler
  4. Faire suivre les crevettes et remuer jusqu'à la cuisson, dénotée par une jolie coloration rosée (mieux vaut sous-cuire que sur-cuire une crevette si vous voulez mon avis en passant)
  5. Verser la crème et porter à ébullition
  6. Assaisonner de curcuma tout en baissant le feu
  7. Laisser frémir quelques minutes pour obtenir un léger épaississement de la sauce et un agréable mélange des saveurs
  8. Jeter finalement le jus de citron et le persil dans la mixture

Je ne recommande pas de parsemer d'un quelconque fromage comme on fait toujours quand il est question de pâtes, c'est superflu ici. Si vos crevettes sont de première qualité (25 pounds le kilo, les miennes pouvaient l'être) et si vous êtes fan de crevettes (faut quand même bouffer ce qu'on aime) vous goûterez toute la saveur de ce plat fin et goulu. J'ai choisi de ne pas overwhelmer les crevettes sous un défilé d'épices toutes plus exotiques les unes que les autres. Certains évoquent le safran ('tain c'est cher le safran aussi), le gingembre, le lait de coco, la coriandre qui paraît-il se marie très bien avec les fruits de mer (c'est Nick Nairn qui l'a dit dans son bouquin)... anyway, l'ail semble pointer son nez dès qu'il s'agit de cuire une grosse crevette, quant au céleri... ben je sais pas trop mais ça rend plutôt bien.

you are right john cohen - quazimodo was right - Mozart was right... I cannot say the word eye anymore... when I speak this word eye, it is as if I am speaking of somebody's eye that I faintly remember... there is no eye - there is only a series of mouths - long live mouths - your rooftop - if you don't already know - has been demolished... eye is plasma and yiu are right about that too - you are lucky - you don't have to think about such things as eyes & rooftops & quazimodo.

Bob Dylan

vendredi, septembre 09, 2005

Dessert cheese



Les britaniques degustent plutot le fromage en fin de repas, apres le dessert ou meme en guise de dessert. Ainsi on trouve dans les supermarches pletore de fromages "fantaisie", du cheddar a la poire au stilton blanc aux pruneaux en passant par le Wensleydale with cranberries. J'ai ajoute recemment a mon ordinary evening list tv-sweater-tea une composante allechante : le toast. Vous ne trouverez jamais de vrai pain ici, c'est acquis. Cependant les burgers, rolls, pita, white bread et autre cochonneries delicieuses affluent. Par ailleurs je ne dispose peut-etre pas de tout l'equipement menager requis pour faire de la cuisine elaboree, mais j'ai un grill qui chauffe plutot bien. Tout ceci m'amene donc a introduire les toasts. Une grosse tranche de Wensleydale with cranberries parsemee de sesame seeds sur un demi roll, le tout sous le gril 5 min... mmm.

Dave : [discussing possible means of suicide] Drownin'. Now there's a way to go.
Lomper : I can't swim.
Gaz : Well you don't have to fucking swim, you divvy, that's the whole point. God, you're not very keen are you?
Lomper : Sorry...

A lot of the characters I play come from the working-class. It's a background I'm familiar with. It's not about being hard. It's just knowing how that society works and what the rules are.I grew up in a working-class area of Glasgow and that experience has stood me in good stead.

Robert Carlyle

mardi, septembre 06, 2005

Chili Con Carne Pie

Chili con carne surmonte de mash de pommes de terre a la coriandre...
(4-6 portions)
  • 250g de boeuf (british?) haché
  • 300g de kidneys beans (haricots noirs) cuits en sauce chili
  • 400g de pulpe de tomates
  • 1 oignon, finement haché
  • 1 gousse d'ail, finement hachée
  • 2 carrés de chocolat amer (pas des carres de 20 grammes hein), râpés
  • 1cs de cumin (en graines)
  • 1cs d'huile d'olive
  • 750g de pommes de terre a masher, coupées en gros morceaux
  • 3cs de lait
  • 1 noix de beurre
  • 1 beau bouquet de coriandre fraîche, hachée
Porter à ébullition une grande casserole d'eau salée
Faire revenir l'oignon d'abord et l'ail avec ensuite, à feu doux, dans l'huile d'olive, quelque chose comme 5 minutes
Ajouter la viande hachée et saisir à feu moyen jusqu'à coloration
Verser les haricots et la pulpe de tomate
Assaisonner de sel et de cumin
Laisser frémir 20 minutes à feu doux
Cuire les pommes de terre à l'eau bouillante salée en parallèle
Egoutter lorsqu'elles cèdent sous la fourchette
Masher vigoureusement à la fourchette
Incorporer le lait, la noix de beurre et la coriandre
Retirer le chili con carne du feu pour y ajouter le chocolat râpé
Garnir un plat à gratin de cette garniture
Recouvrir de mash à la coriandre et tasser
Gratiner au grill quelques minutes, juste pour dessécher la pomme de terre.

Vous me direz mais ca fait beaucoup tout ca. Et ouais...
J'ai à bouffer pour toute la semaine.

He had wanted to fuck her that night. When the phone rang he was initiating the painstaking preparatory work. It was essential not to offend her in any way since a thumbs-down was easy, and agreeable, to her. He had been sitting close by her and sending, telepatically - his preferred method of communication - loving sensual messages. As they rarely touched one another gratuitously, immediate physical contact - his hand in her hair - would be a risk. But if he managed to touch her without a setback and even if, perhaps, he persuaded her to pull her skirt up a little - this made him feel as if he had reached the starting-gate at least - he knew success was a possibility. Bearing this in mind he would rush upstairs to bed, changing into his pyjamas so as not to alarm her with uncovered flesh. He had, scrupulously, to avoid her getting the right idea.

Hanif Kureishi, Love in a blue time

dimanche, septembre 04, 2005

Brownie, version regressive


J'avais envie d'un brownie alors j'ai pris la recette du Brownie Moelleux inspire par Pierre Herme.
Mais comme ca ne suffisait pas le concept gateau, je me suis pris d'envie de parachever l'oeuvre.
Inspiree par la regressive presentation du Triple Choc Brownie Crunch de Trish Deseine et intriguee par le monde merveilleux des cremes brittish, j'ai opte pour un topping chocolat blanc et sour cream.
Quelques rapures de noix de coco, dear?

  • 90g chocolat à 70%, fondu
  • 3 oeufs
  • 125g beurre mou
  • 100g sucre
  • 70g farine
  • 50g noix de Grenoble, enrobees de miel, grillées au four puis concassees

  • Preparer et cuire le brownie comme dans la precedente recette.

  • 140 mL sour cream
  • 75g chocolat blanc

  • La sour cream se presente comme une sorte de creme fraiche epaisse. Soit vous la portez a ebullition, pour y faire fondre ensuite le chocolat blanc, soit vous faites au prealable fondre le chocolat blanc que vous integrez ensuite a la creme revenue a temperature ambiante. Vous obtenez une ganache qu'il faut placer au frais quelques heures. Avant d'en recouvrir le gateau, montez-la legerement au fouet.
    mm, j'avais pas prevu cependant qu'Alison acheterait un grand pot (bien trop grand pour elle) de scottish vanilla ice cream...

    I had a dream. In fact, it was on the night I met you. In the dream, there was our world, and the world was dark because there weren't any robins and the robins represented love. And for the longest time, there was this darkness. And all of a sudden, thousands of robins were set free and they flew down and brought this blinding light of love. And it seemed that love would make any difference, and it did. So, I guess it means that there is trouble until the robins come.

    David Lynch, Blue Velvet

    vendredi, septembre 02, 2005

    Sexy Sweet Corn

    Soiree tele, envie de reconfort, de chaud, de regressif, de sucre mais pas trop...

    • 1 petite boite de mais doux
    • 1 petit verre de bulghur
    • 2 petites poignees de noix de coco rapee
    • 1 petite noix de beurre
    • 1 petite cuilleree de moutarde
    • mature cheddar rape a volonte
    • poivre noir concasse a volonte
    Cuire le bulghur a l'eau bouillante salee
    Faire revenir le mais dans le beurre 1-2 minutes
    Parsemer de la noix de coco et du fromage
    Chauffer encore un peu pour faire fondre le fromage
    Ajouter le bulghur egoutte et couper le feu
    Assaisonner de sel et de moutarde
    Poivrer genereusement et deguster bien chaud.

    Vous sentez le croquant du mais, le corps du bulghur, la douceur de la noix de coco, le fondant du fromage, le piquant du poivre?...

    "Punk was wild, outcast, vicious and protective at the same time. It wasn't boring, and it wasn't straight (I don't mean this just in terms of sexuality, but in a perceptual sense). It did not, initally, reinforce the dominant values. So if you're pissed off, you might pick up some tips. You might find a bunch of outcasts coming together curiously uplifting."

    John Savage

    jeudi, septembre 01, 2005

    Legumes d'été blottis sur matelas à la ricotta

    Ce n'est déjà plus l'été ici, je crois même qu'il n'en a jamais été question, dans cette contrée où certaines femmes essaient pourtant de se persuader qu'il fait une chaleur torride et prétendent amortir leur garde-robe estivale. Je vois ici où là des mules, des jupons, des jeans déchirés, des décolletés flottants... qui laissent transparaître (ou pendre c'est selon) de beaux carrés de peau bien blanche. Vite, de la crème solaire !

    Quant à moi, je ne tiens pas la route en petite tenue (comprenez par là que j'ai trop froid) mais je m'entête à cuisiner des légumes du soleil (prononcez des légumeuus du soleille).

    • 3 petites courgettes (ils sont fans de petits légumes ici), détaillées en bâtonnets
    • 1 poivron rouge, détaillé en lanières
    • 1 poivron jaune, détaillé en lanières
    • 1cs d'huile d'olive
    • 1cs de miel
    • thym
    • 250g de ricotta
    • 1 oeuf
    • 2-3 gousses d'ail, finement hachées
    • cheddar râpe
    Enrober délicatement et généreusement les légumes de miel et d'huile
    Assaisonner de sel et de thym
    Disposer sur une plaque de cuisson
    Enfourner 50 minutes à 1 heure à 190°C
    Mélanger intimement la ricotta, l'ail, l'oeuf et un peu de sel
    Garnir un plat à gratin (petit) graissé
    Lisser le dessus
    Parsemer de cheddar râpé
    Enfourner 30 minutes à 190°C (avec les légumes).


    A la sortie du four, démoulez votre matelas et disposez les roasted vegetables (hein que ça sonne bien roasted vegetables) dessus.

    Pour un effet moins moelleux et plus vrai de vrai, enlevez l'oeuf et rajouter du fromage.
    Pour un effet plus moelleux et plus je me gave, ajoutez un chouia de creme ou de philadelphia cheese.

    "My parents are dead, so I guess the answer will remain unanswered as to why they sealed me in a room. I guess they just didn't want me to escape. I don't know. Those kind of things in your life... in movies you kind of work out your issues, but then you realize, those kind of traumatic issues stay with you forever so somehow they kind of keep reoccurring, no matter how hard I try to get them out of my head they sort of stay there."

    Tim Burton (2005)

    lundi, août 29, 2005

    Scones



    Ce week-end j'ai expérimenté mon premier home-made afternoon tea écossais. Quoi de mieux pour commencer que les scones ? Ultra simples à réaliser et customisables à souhait. J'ai opté pour un accompagnement british classique : clotted cream and jam. Laissez-moi vous introduire... la crème en Grande-Bretagne. Au rayon frais, la crème se décline selon son taux de matière grasse et éventuellement son épaisseur. La single cream est la plus légère tandis que la double cream s'apparente à notre crème entière. Quant à la sour cream et la clotted cream, elle n'ont pas vraiment d'équivalents en France. J'ai même trouvé de la crème fraîche (sic) dans le supermarché du coin. La clotted cream ou littéralement "crème amalgamée" est la plus fat avec quelquechose comme 65% de matière grasse. Elle présente une fine pellicule jaune sur le dessus et a un goût qui rappelle le beurre et le mascarpone. La meilleure provient du Devonshire, région du sud de l'angleterre. Fondante sur des scones tout chauds, égayée de confiture de framboises ou de mûres, positively gorgeous.

    • 175g de farine
    • 1cs de levure
    • 20g de sucre
    • 35g de beurre
    • 90 mL de lait entier
    Tamiser ensemble la farine et la levure.
    Ajouter le sucre.
    Faire pénétrer le beurre du bout des doigts.
    Incorporer progressivement le lait en pétrissant légèrement la pâte.
    Elle n'est pas nécessairement très malléable et vous risquez de galérer si vous ne farinez pas suffisamment vos mains.
    Etaler la préparation sur une plaque de cuisson farinée, sur 2,5cm.
    Découper 4 cercles de pâte.
    Enfourner 12-15 minutes à 425F.
    Les scones doivent être joliment (hum...) gonflés et dorés.

    On pourra aussi les laquer de jaune d'oeuf avant la cuisson.
    Mieux vaut les manger tout chauds, avec un intérieur bien moelleux qui fait un peu pâte à pain.

    Au moment de la vache folle, j’ai repensé à celui avec Coluche, Les Animaux… Ça se passait en plusieurs épisodes. D’abord, les socialistes étaient au pouvoir, puis les femmes se révoltaient et prenaient le pouvoir aux socialistes. Puis c’étaient les enfants qui se révoltaient à leur tour contre les femmes. A ce moment-là, ils faisaient tous alliance, les socialistes, les femmes, les enfants, car on commençait à sentir que les animaux, à leur tour, aller se mêler de la chose… [Rires.] J’avais écrit trois pages. Gaumont a refusé. Coluche était d’accord. C’était un peu avant sa « campagne présidentielle »…

    Jean-Luc Godart

    jeudi, août 25, 2005

    Red Leicester

    Bonne nouvelle, les Glasgowians aiment le fromage. J'ai repere 2 ou 3 fromageries en ville et meme au supermarche on trouve a peu pres tout ce qu'on veut, y compris du brie, du chevre et du camembert francais. Le Red Leicester est un full fat hard cheese orange friable (impossible a raper) a la saveur pas degueu qui rappelle un peu le comte.
    Je l'ai introduit dans une salade toute simple mais a tomber...


  • 1 avocat mur a point, detaille en cubes
  • 1 pomme (n'importe quelle Gala fera l'affaire), detaillee en cubes
  • 1 gros morceau de Red Leicester, detaille en cubes


  • 1 trait de jus de citron

  • 1 cs de sauce soja
  • 3 cs d'huile d'olive


  • quelques noix de cajou, grossierement hachees

  • The elder man lay back and looked at him with half-closed eyes.
    "By the way, Dorian," he said after a pause, "'what does it profit a man if he gain the whole world and lose--how does the quotation run?-- his own soul'?"

    The music jarred, and Dorian Gray started and stared at his friend.
    "Why do you ask me that, Harry?"

    "My dear fellow," said Lord Henry, elevating his eyebrows in surprise, "I asked you because I thought you might be able to give me an answer. That is all. I was going through the park last Sunday, and close by the Marble Arch there stood a little crowd of shabby-looking people listening to some vulgar street-preacher. As I passed by, I heard the man yelling out that question to his audience. It struck me as being rather dramatic. London is very rich in curious effects of that kind. A wet Sunday, an uncouth Christian in a mackintosh, a ring of sickly white faces under a broken roof of dripping umbrellas, and a wonderful phrase flung into the air by shrill hysterical lips--it was really very good in its way, quite a suggestion. I thought of telling the prophet that art had a soul, but that man had not. I am afraid, however, he would not have understood me."

    Oscar Wilde, The picture of Dorian Gray

    lundi, août 22, 2005

    Real Bread



    Les Glasgowians (gageons qu'il en va de meme pour le reste de cette ile maudite) ne connaissent pas le concept de boulangerie ni le gout du vrai pain. Certes je m'en doutais, certes je m'y attendais fortement, mais avais-je bien realiser tout le caractere dramatique de la situation ? mm, passe encore pour le chocolat bon marche bourre de MGV mais le pain!!! et tout ce qui va avec, parce que je n'ai pas encore reussi a trouver une patisserie digne de ce nom. Le raffinement d'une viennoiserie, la legerete d'une mousse... que dalle. Je ne vois que jelly non identifiee et pate sucree remplie de chantilly. Je reconnais neanmoins avec plaisir que les sables et autres excellents petits gateaux pour le the ne manquent pas : digestive biscuits, shortbreads, scones (je m'y essaye bientot), blueberry muffins, oatcakes... de quoi se reconforter.


    J'ai comme envie de tourner le gaz
    Comme envie de m'faire sauter les plombs
    Comme envie de t'expliquer comme ça
    Que ton indifférence, elle en me touche pas

    Je peux très bien me passer de toi

    Comme envie de sang sur les murs
    Comme envie d'accident d'voiture
    Comme envie d'expliquer comme ça
    Que ton indifférence elle en me touche pas

    Je peux très bien me passer de toi

    J'ai comme envie d'n'importe quoi
    Comme envie de crever ton chat
    Comme envie d'tout casser chez toi
    Comme envie d'expliquer comme ça

    Je peux très bien me passer de toi

    J'ai comme envie d'une fin torride
    Comme on en voit qu'au cinéma
    J'ai comme envie qu'ce soit terrible
    Et qu'ça se passe juste en bas de chez toi

    Je peux très bien me passer de toi.

    Mano Negra, Pas assez de toi.

    dimanche, août 21, 2005

    The University of Glasgow



    Who is Keyser Soze? He is supposed to be Turkish. Some say his father was German. Nobody believed he was real. Nobody ever saw him or knew anybody that ever worked directly for him, but to hear Kobayashi tell it, anybody could have worked for Soze. You never knew. That was his power. The greatest trick the Devil ever pulled was convincing the world he didn't exist.

    The Usual Suspects (1994), Bryan Singer.

    vendredi, août 19, 2005

    Autopsie d'un Pudding


    Hier soir, la faim au ventre et prise par une subite envie de sucre, je me suis essayee au pudding le plus simple du monde (memes quantites de farine, beurre, sucre et oeufs, ma parole ce n'est pas un pudding c'est un quatre- quarts), qui presente la cuisson la plus rapide du monde (4 minutes au micro-ondes puissance max) et qui s'est avere le gateau le moins sexy du monde...
    Je precise d'emblee que je n'ai pas a ma disposition d'ustensile de mesure (balance, verre doseur...), que je me contente par consequent d'un verre pour les liquides et d'une cuillere pour les solides.

    Premiere difficulte : doser la farine. Si je sais a peu pres qu'une cuillere rase de sucre contient 15g, je suis plus hesitante sur la farine (prononcez "flower" exactement comme les fleurs oui). Je me dis qu'en toute logique la farine etant moins dense que le sucre, on compte en cuilleres bombees et non en cuillere rases. Donc je bombe (largement) mes cuilleres, si bien que je me retrouve avec un gateau farineux...

    Seconde difficulte : ouvrir le pot de baking powder. Comme vous le voyez sur la photo il ne s'agit pas d'un simple sachet de levure mais d'un pot inouvrable et impraticable. Va mettre une pinch dans ton pudding avec ca.

    Troisieme difficulte : beurrer le plat. Evidemment ca semble facile. Seulement quand on a qu'un seul plat en pyrex disponible et qu'on l'a deja utilise pour melanger les ingredients, qu'est-ce qu'on beurre ? hum.

    Dernier obstacle : ne pas se laisser impressionner par la cuisson au micro-ondes. Je n'avais jamais cuit de gateau au micro-ondes et j'avoue avoir ete quelque peu perturbee par l'odeur degagee et le gonflement impressionnant de mon film plastique. J'ai cru que tout allait peter.

    Finalement je me retrouve avec un truc un peu sec, que j'arrose d'un caramel a l'orange. Ce n'est ni mauvais ni bon, c'est quelconque. Cependant, ce matin au petit dejeuner, trempe dans du lait bien chaud... mm, j'ai fini par apprecier.

    C'est l'histoire d'un mec tout bourré qui sort d'un bar. Là, en marchant sur le trottoir, tranquille, qu'est-ce qu'il croise ?
    Une bonne soeur !!!
    Alors de nerf, il lui
    décolle un direct en pleine gueule, suivi d'un coup de pied latéral en pleine face. La nonne s'effondre dans le caniveau en hurlant, et comme ça lui pète les couilles les gonzesses hystériques qui braillent pour un rien, il lui défonce les côtes à coup de latte (évidemment il porte des
    grosses rangers coquées, faut pas déconner...). Au bout de 5 minutes de violence innommable, la vieille ferme enfin sa gueule, et le mec s'exclame, déçu :
    "J'te croyais plus fort que ça, Batman !"

    La Haine (Matthieu Kassovitz)

    mardi, août 16, 2005

    Lasagnes Dressées

    Epinards, poulet et l'inevitable bechamel composent ces lasagnes qui se dressent a meme la plaque de cuisson au lieu de se monter dans un plat a gratin. Que vous subissiez cette contrainte pratique ou que vous souhaitiez simplement disposer de 2 portions de lasagnes individualisees, que vous aimiez les epinards ou pas, cette recette est pour nous.

  • 6 plaques de lasagnes de 20x10 cm
  • 200g de blanc de poulet, detaille en morceaux, sale et arrose de jus de citron
  • 250g d'epinards frais, laves et essores
  • 1 gousse d'ail, finement hachee
  • huile d'olive
  • fromage type gruyere (ici d'est le cheddar, vendu sous vide en gros parallelepipedes rectangles, mild, medium or mature, white or coloured)
  • 1 bechamel

  • Tout d'abord, explicitons l'art de la bechamel...sauce gourmande et simple a realiser.
    Faire fondre 25g de beurre a feu doux. Une fois qu'il gresille (ou chante ou que sais-je), ajouter 25g de farine et melanger rapidement (vous obtenez alors un roux blanc). Incoporer 300mL de lait et remuer sans cesse en augmentant legerement le feu, jusqu'a epaississement notoire. Plus la cuisson sera longue et douce et plus votre sauce sera onctueuse. J'ai mis a peine plus de 5 minutes a faire epaissir la mienne et elle etait neanmoins parfaite pour mes lasagnes. ll ne reste plus qu'a assaisonner de sel et de noix de muscade (oui c'est bateau mais n'empeche, c'est ce qui va le mieux).

    Faire revenir l'ail dans un peu d'huile d'olive (sans coloration)
    Y faire sauter les morceaux de poulet 5 min (jusqu'a coloration)
    Cuire les epinards dans un peu d'huile d'olive a feu doux (pas trop longtemps pour eviter qu'ils ne deviennent amers)
    Egoutter
    Huiler la plaque de cuisson
    Disposer 2 plaques de lasagnes (les miennes ne necessitaient pas de pre-cuisson)
    Garnir d'epinards, de poulet puis de sauce bechamel
    Recouvrir de 2 nouvelles plaques
    Garnir d'epinards et de poulet
    Placer les 2 dernieres plaques
    Garnir d'epinards, poulet et sauce bechamel
    Deposer des tranches de fromage aussi grandes que les plaques (hehe)
    Enfourner 30-35 minutes a 350F.

    Vous obtenez deux portions de lasagnes delicieuses. Cependant, la garniture ne couvrant pas toute la surface des plaques (sinon ca deborde hein), le bord de celle-ci risque de manquer d'humidite pendant la cuisson. C'est ainsi que je me suis retrouvee avec un coeur moelleux et fondant et un exterieur dur et cramoisi. Un petit passage au micro-ondes arrange les choses.

    Comme un poison dans l'eau
    Une bouteille a la mere, qui n'date pas d'hier
    J'essaye de lire entre tes lignes
    J'interprete tes soupirs, tes sourires me font peur

    C'est pas ta faute si c'est la tempete
    La marée haute dans ta tete
    Ca tangue et tu t'en veux
    Amarrée comme tu peux

    Cote a cote à contre-courant
    J'ai envie d'aller vers ton unique univers
    Effaré par ta lumiere
    L'air de rien tu m'eclaires
    Alors je rame
    pour te plaire.

    M, C'est pas ta faute

    lundi, août 15, 2005

    Tunnock's Tea Cake



    What is it, please? Il s'agit d'un Tunnock's chocolate tea cake. J'avais deja vu ces petites choses intrigantes chez Trish Deseine (Je veux du Chocolat!) et il y a quelques jours de ca, j'en devinais un dans la bouche d'une ecossaise. Je partis donc a la recherche de ces "gateaux" et decouvris un dome de chocolat fourre de guimauve (mallow qu'ils mettent sur le paquet) et monte sur un fond de pate sablee. Regressif a souhait, au chocolat au lait meme (j'ai honte), hyper sucre et bourre de MGV. mmm, decortiquer delicatement l'aluminium, croquer dans ce gros truc sans consistance, enfourner la bouchee, sentir s'affaisser la molle meringue sous la pression de la langue. Delightful.

    mardi, août 09, 2005

    Mozzarella en Aubergine et Sauce Tomate


  • 1 aubergine
  • huile d'olive
  • 1 boule de mozzarella, emiettee


  • 1 boite de thon au naturel, emiette

  • 400g de pulpe de tomates
  • 1 oignon, hache
  • origan


  • 2 gousses d'ail, finement hachées
  • quelques feuilles de basilic frais (ou persil à défaut), hachées

  • Detailler l'aubergine dans la longueur en 8 tranches et hacher ce qui reste
    Disposer les tranches sur une plaque de cuisson huilee
    Assaisonner : saler et verser un filet d'huile d'olive
    Rotir 15min a 160 C
    Faire revenir l'oignon et le reste d'aubergine dans un peu d''huile
    Ajouter les tomates
    Assaisonner de sel et d'origan
    Laisser fremir a feu doux
    Melanger le thon et la mozzarella
    Former des boules et disposer sur les tranches d'aubergine refroidies
    Rouler chaque tranche garnie et la placer dans un plat a gratin
    Verser la sauce tomate par dessus
    Enfourner 20min a 170-180 C.

    Les quantites valent pour deux personnes, a servir avec du pain ou du riz.

    "Now this is the first time we've been alone and in a position to talk for years," said Dean. And he talked all night. As in a dream, we were zooming back through sleeping Washington and back in the Virginia wilds, crossing the Appomattox River at daybreak, pulling up at my brother's door at eight A.M. And all this time Dean was tremendously excited about everything he saw, everything he talked about, every detail of every moment that passed. He was out of his mind with real belief. "And of course now no one can tell us that there is no God. We've passed through all forms. You remember, Sal, when I first came to New York and I wanted Chad King to teach me about Nietzsche. You see how long ago? Everything is fine, God exists, we know time. Everything since the Greeks has been predicated wrong. You can't make it with geometry and geometrical systems of thinking. It's all this!" He wrapped his finger in his fist; the car hugged the line straight and true. "And not only that but we both understand that I couldn't have time to explain why I know and you know God exists." At one point I moaned about life's troubles-how poor my family was, how much I wanted to help Lucille, who was also poor and had a daughter. "Troubles, you see, is the generalization-word for what God exists in. The thing is not to get hung-up. My head rings!" he cried, clasping his head. He rushed out of the car like Groucho Marx to get cigarettes- that furious, ground-hugging walk with the coattails flying, except that he had no coattails. "Since Denver, Sal, a lot of things- Oh, the things-I've thought and thought. I used to be in reform school all the time, I was a young punk, asserting myself-stealing cars a psychological expression of my position, hincty to show. All my jail-problems are pretty straight now. As far as I know I shall never be in jail again. The rest is not my fault." We passed a little kid who was throwing stones at the cars in the road. "Think of it," said Dean. "One day he'll put a stone through a man's windshield and the man will crash and die-all on account of that little kid. You see what I mean? God exists without qualms. As we roll along this way 1 am positive beyond doubt that everything will be taken care of for us-that even you, as you drive, fearful of the wheel" (I hated to drive and drove carefully)-"the thing will go along of itself and you won't go off the road and I can sleep. Furthermore we know America, we're at home; I can go anywhere in America and get what I want because it's the same in every corner, I know the people, I know what they do. We give and take and go in the incredibly complicated sweetness zigzagging every side." There was nothing clear about the things he said, but what he meant to say was somehow made pure and clear. He used the word "pure" a great deal. I had never dreamed Dean would become a mystic. These were the first days of his mysticism, which would lead to the strange, ragged W. C. Fields saintliness of his later days.

    Jack Kerouac, On the road

    lundi, août 08, 2005

    Sweet Chocolate Cheesecake


    Philadelphia est un fromage cremeux, entre le fromage a tartiner type Saint-Moret et le mascarpone. Il n'y a pas vraiment d'equivalent en France je pense. Je vous propose aujourd'hui le cheesecake le plus cremeux du monde, avec de vrais digestives biscuits !

  • 300g full fat soft cheese (Philadelphia)
  • 1 egg
  • 75g dark chocolate (75%), melted
  • 100g sugar
  • 125g digestives biscuits
  • 25g butter, melted

  • Ecraser les biscuits avec le beurre fondu
    Tapisser le fond du moule de ce melange sableux
    Blanchir l'oeuf avec le sucre au fouet
    Ajouter le fromage cremeux et fouetter pour homogeneiser
    Incorporer le chocolat fondu
    Verser dans le moule
    Enfourner 30 minutes a chaleur basse (160 C).

    Parsemer de noix de coco rapee a la sortie du four et maintenir au frais quelques heures avant de deguster.
    Il est encore meilleur le lendemain car la garniture a eu le temps de figer et les biscuits emiettes se sont amalgamer, formant un semblant de vrai fond de tarte.

    C'est alors que Picasso
    qui passait par là comme il passe partout
    chaque jour comme chez lui
    voit la pomme et l'assiette et le peintre endormi
    Quelle idée de peindre une pomme
    dit Picasso
    et Picasso mange la pomme
    et la pomme lui dit Merci
    et Picasso casse l'assiette
    et s'en va en souriant
    et le peintre arraché à ses songes
    comme une dent
    se retrouve tout seul devant sa toile inachevée
    avec au beau milieu de sa vaisselle brisée
    les terrifiants pépins de la réalité.

    Jacques Prevert, Paroles,
    Promenade de Picasso

    jeudi, août 04, 2005

    Marmite



    Pour ce premier post ecossais, je vous presente la fameuse Marmite, produit purement brittish ! Il s'agit d'extrait de levure (comme indique sur le flacon) avec du sel, des epices, du sucre, des herbes et quelques autres extraits vegetaux. Degustee en general tartinee sur des toasts ou dans des sandwiches, elle possede une saveur caracteristique qui porte a controverse, on ne peut que l'aimer ou l'avoir en horreur. Pour avoir teste hier, je trouve ca degueulasse et agressif. D'abord psychologiquement, le concept "extrait de levure" me rebute un peu. Ensuite l'aspect n'est pas tres encourageant, on dirait une sorte de caramel fonce a moitie fige, qui fait plein de fils. Mais le gout depasse les limites acceptables. C'est acide et aggressif a vous en faire tousser d'ecoeurement. J'admet qu'on puisse s'en servir en tant qu'epice pour relever certains plats, mais la tartiner sur du pain... j'avoue que ca me depasse.

    Then they fell upon each other, like young bulls, in all the glory of youth, with naked fists, with hatred, with desire to hurt, to maim, to destroy. All the painful, thousand years' gains of man in his upward climb through creation were lost. Only the electric light remained, a milestone on the path of the great human adventure. Martin and Cheese-Face were two savages, of the stone age, of the squatting place and the tree refuge. They sank lower and lower into the muddy abyss, back into the dregs of the raw beginnings of life, striving blindly and chemically, as atoms strive, as the star-dust if the heavens strives, colliding, recoiling, and colliding again and eternally again.

    Martin Eden, Jack London

    samedi, juillet 30, 2005

    Tablettes de Secours



    Demain je m'envolerai pour Glasgow où je vais séjourner pendant les 6 prochains mois de ma vie. Pour affronter les soirées froides et humides de l'Ecosse (oui bon, c'est ptet pas pour tout de suite non plus), il me fallait bien 5 tablettes de très bon chocolat. Celles-ci viennent de chez Pralus, chocolatier de renom à Roanne. Il s'agit de grands crus, c'est-à-dire que chaque chocolat est élaboré à partir de fèves provenant d'une seule origine, ce qui lui confère un goût très typé. La plupart du temps, le chocolat que vous achetez (que ce soit en supermarché comme chez les artisans) est au contraire un mix de fèves de différentes variétés et différentes origines, de manière à équilibrer les arômes et saveurs. Ainsi le produit final a un goût censé plaire à tous. Avec de telles tablettes, les impressions sont inégales d'un cru à l'autre et il n'est pas exclu qu'elles soient déroutantes, voire désagréables.

    Chaque chocolat est accompagné d'un petit descriptif évocateur:
    Indonésie Criollo _ fraîcheur et subtilité, arômes boisés et champignons des bois, acidulé et long en bouche (un des meilleurs, doux et raffiné)
    Jamaïque Trinitario _ épicé, fruité, tanin, boisé et long en bouche
    Java Criollo-Trinitario _ fraîcheur et subtilité, arômes boisés et champignons des bois, acidulé et long en bouche (identique à celui d'Indonésie...?)
    Madagascar Criollo _ nez frais, légèrement mentholé et fruité, fin en bouche et acidulé (un chocolat qui passe bien, un peu ludique)
    Ghana Forastero _ persistance aromatique, cacao, épicé (aussi bon que celui d'Indonésie mais dans un tout autre registre, beaucoup plus corsé et puissant, légèrement âpre... that's real chocolate)

    Forastero, Criollo et Trinitario sont les 3 variétés de cacaoyers. La première est la plus résistante et la plus cultivée (70-75% de la production), c'est à elle que vous avez affaire quand vous achetez une tablette de chocolat quelconque au supermarché. La seconde promet un chocolat fin et subtil, parfumé et long en bouche (5% de la production). La troisième est une variété hybride des deux autres (20% de la production), résistants et dont les fèves fournissent un chocolat de bonne qualité, long en bouche (critère primordial!).

    Grandpa George : The kids who are going to find the golden tickets are the one that can afford to buy candy bars every day. Now Charlie only gets one a year. He doesn't have a chance. Mark my words. The kid to get the first golden ticket will be fat, fat, fat.
    [Augustus appears and cameras flash]
    Augustus Gloop : I'm eating the Wonka bar and I taste something that is not choclate. Walnut? Coconut? Peanut? I look down and I find the golden ticket.
    [the Bucket home sees the TV with Augustus on the screen] Grandpa George : Told you he'd be a porker.

    Charlie and the Chocolate Factory (2005), Tim Burton.

    jeudi, juillet 28, 2005

    Farandole



    Glaces à la framboise et à la vanille sur biscuit joconde.

    Something in the way she moves
    Attracts me like no other lover
    Something in the way she woos me

    I don’t want to leave her now
    You know I believe her now

    Somewhere in her smile she knows
    That I don’t need no other lover
    Something in her style that shows me

    Don’t want to leave her now
    You know I believe her now

    You’re asking me will my love grow
    I don’t know, I don’t know
    You stick around now it may show
    I don’t know, I don’t know

    Something in the way she knows
    And all I have to do is think of her
    Something in the things she shows me

    Don’t want to leave her now
    You know I believe her now

    Something, The Beatles.

    mercredi, juillet 27, 2005

    Pasta pronto

    Des pâtes aux légumes rôtis est un plat alléchant en cette période estivale. Mais comment éviter de faire marcher le four par cette chaleur ? Wok, wok, wok.

  • 500g de fusilli
  • 3cs d'huile d'olive
  • 2 mini-poivrons verts, coupés en lanières
  • 2 petites courgettes, émincées
  • 2 petites aubergines, émincées
  • 3 tomates (try the black ones), pelées et hachées
  • 1 gros oignon ou 3 oignons nouveaux, haché(s)
  • 2 gousses d'ail, finement hachées
  • quelques feuilles de basilic frais (ou persil à défaut), hachées

  • Cuire les pâtes al dente dans l'eau bouillante salée
    Chauffer 2cs d'huile d'olive dans un wok et faire sauter les courgettes et aubergines 3 minutes en remuant jusqu'à ce qu'elles soient juste tendres
    Ajouter l'ail, l'oignon, les poivrons et faire revenir 2-3 minutes
    Incorporer les tomates sans trop les cuire
    Mélanger le basilic et 1cs d'huile à la préparation de légumes et verser sur les pâtes chaudes.

    Si vous avez des tomates cerises, intégrez-les coupées en deux pour les plus grosses, entières pour les plus petites, just for fun.
    Why not adding some cheese ? (parmiggiano, comté, gruyère...)

    Comme pour la ratatouille, la garniture sera d'autant plus savoureuse que les légumes auront été émincés ou hachés finement. Les rondelles de courgettes et d'aubergines se veulent tendres tandis que les lanières de poivrons croquent sous la dent, l'ail et l'oignon relèvent le goût sans se montrer, et le tout baigne dans un petit jus de tomates que vous aurez pris soin de préserver en coupant la cuisson peu après l'incoporation de la pulpe rouge. Rien ne remplace le basilic frais.

    [about pop music]
    yeah, but it's also dealing with people's dreams and their emotions, and you've got to tread carefully. Because you're dealing with something that becomes somebody's memory, something they carry around with them. They come home - I've been the same - they want to hear a great record today. . . . It gets you though the evening, sets you up. It becomes the soundtrack to people's lives. It's disposable, but a lot of people rely on that to get them through. So it can't be trivialized that much.

    Ray Davis (1995)


    jeudi, juillet 21, 2005

    Choc choc choc




    Le Gâteau de Suzy présenté dans l'ouvrage de Pierre Hermé Mes Desserts au Chocolat se compose en proportions égales de chocolat (du noir et du très bon, c'est préférable dans ce genre de gâteau tout simple) et de beurre, de sucre en moindre quantité, d'oeufs entiers et d'un peu de farine, pas trop pour ne pas alourdir. La surface est craquelée, l'intérieur moelleux et consistant sans plomber, le goût intensément chocolaté (et ce n'est pas pour me déplaire). Le fondant au chocolat est à réinventer et à personaliser, anyway.

    Now, dicks have drive and clarity of vision, but they are not clever. They smell pussy and they want a piece of the action. And you thought you smelled some good old pussy, and have brought your two small mincey faggot balls along for a good old time. But you've got your parties mangled up. There's no pussy here, just a dose that'll make you wish you were born a woman. Like a prick, you are having second thoughts. You are shrinking, and your two little balls are shrinking with ya. The fact that you've got "Replica" written down the side of your gun. (withdraws his gun) And the fact that I've got "Desert Eagle point five O" written on the side of mine, should precipitate your balls into shrinking, along with your presence. Now... Fuck off.

    Snatch (2000), Guy Ritchie.

    mercredi, juillet 20, 2005

    Clafoutis aux Cerises (II)



    La première version que j'avais proposée était simple et épurée, un genre de gâteau aux cerises et à la pâte à crêpes, plutôt bon mais pas franchement sexy. Reprenons la recette et essayons d'améliorer tout ça.

  • 500g de cerises noires
  • 5 œufs => 3 oeufs pour alléger
  • 500-600 mL de lait => 200 mL de lait + 200 mL de crème pour le moelleux
  • 5cs sucre en poudre => 100g de sucre, juste un peu plus
  • 250g de farine => 60g de poudre d'amandes pour alléger et apporter une touche gourmande + 80g de farine
  • 1 pincée de sel => on s'en fout un peu du sel...
  • sucre glace
  • 25g de beurre froid en copeaux
  • quelques feuilles de menthe fraîche

  • Porter le lait à ébullition, avec les feuilles de menthe
    Laisser infuser à couvert une dizaine de minutes
    Travailler au fouet la farine, les œufs, le sucre et le sel
    Incorporer progressivement le lait et la crème en fouettant pour obtenir une pâte homogène
    Garnir un plat beurré de cerises
    Verser la pâte par dessus
    Parsemer des copeaux de beurre
    Enfourner 30 minutes à 200°
    Démouler
    et laisser refroidir
    Saupoudrer de sucre glace juste avant de servir.

    J'ai dénoyauté les cerises, assaillie par la pression familiale... parce que quand même sans noyaux c'est plus agréable, hein.

    Or, en réalité, pour l'existentialiste, il n'y a pas d'amour autre que celui qui se construit, il n'y a pas de possibilité d'amour autre que celle qui se manifeste dans un amour; il n'y a pas de génie autre que celui qui s'exprime dans des oeuvres d'art : le génie de Proust c'est la totalité des oeuvres de Proust; le génie de Racine c'est la série de ses tragédies, en dehors de cela il n'y a rien; pourquoi attribuer à Racine la possibilité d'écrire une nouvelle tragédie, puisque précisément il ne l'a pas écrite ? Un homme s'engage dans sa vie, dessine sa figure et en dehors de cette figure il n'y a rien. Evidemment, cette pensée peut paraître dure à quelqu'un qui n'a pas réussi sa vie. Mais d'autre part, elle dispose les gens à comprendre que seule compte la réalité, que les rêves, les attentes, les espoirs permettent seulement de définir un homme comme rêve déçu, comme espoirs avortés, comme attentes inutiles; c'est-à-dire que ça les définit en négatif et non en positif.
    (...)
    Mais l'existentialiste, lorsqu'il décrit un lâche, dit que ce lâche est responsable de sa lâcheté. Il n'est pas comme ça parce qu'il a un coeur, un poumon ou un cerveau lâche, il n'est pas comme ça à partir d'une organisation physiologique mais il est comme ça parce qu'il s'est construit comme lâche par ses actes. Il n'y a pas de tempérament lâche; il y a des tempéraments nerveux, il y a du sang pauvre, comme disent les bonnes gens, ou des tempéraments riches; mais l'hompme qui a un sang pauvre n'est pas lâche pour autant, car ce qui fait sa lâcheté, c'est l'acte de renoncer ou de céder, un tempérament ce n'est pas un acte; le lâche est défini à partir de l'acte qu'il a fait. Ce que les gens sentent obscurément et qui leur fait horreur, c'est que le lâche que nous présentons est coupable d'être lâche. Ce que les gens veulent, c'est qu'on naisse lâche ou héros.
    (...)
    Les uns qui se cacheront, par l'esprit de sérieux ou par des excuses déterministes, leur liberté totale, je les appellerai lâches; les autres qui essaieront de montrer que leur existence était nécessaire, alors qu'elle est la contingence même de l'apparition de l'homme sur la terre, je les appellerai salauds.

    Jean-Paul Sartre, L'Existentialisme est un Humanisme.

    mardi, juillet 12, 2005

    Accord IV : Chocolat et Figue

    la pâte sablée au cacao


  • 1 oeuf entier
  • 90g de beurre mou
  • 1cs de sucre glace
  • 1cs de cacao non sucré (Van Houtten)
  • 2cs bombées d'amandes en poudre
  • 110g de farine

  • Travailler le beurre en pommade à la spatule
    Malaxer avec le sucre glace et les amandes en poudre
    Incorporer l'oeuf
    Ajouter le cacao et homogénéiser
    Incorporer la farine, sans trop travailler la pâte
    Former une boule de pâte, rajouter de la farine si nécessaire
    Filmer la boule et l'aplatir en disque avant de la placer au frais, au moins 4 heures.

    la ganache au chocolat


  • 150g de chocolat noir (65%), cassé en morceaux
  • 150g de crème fraîche liquide
  • 50g de beurre froid, coupé en dés

  • Porter la crème à ébullition
    Verser sur le chocolat et remuer, sans incorporer d'air, jusqu'à fonte complète du chocolat et prise de consistance de la ganache
    Incorporer le beurre froid

    les figues pochées


  • 6 grosses figues, détaillées en dés
  • eau
  • miel

  • Porter à frémissement le miel et l'eau dans une casserole
    Ajouter les dés de figues et laisser pocher 4 minutes
    Retirer les dés et égoutter

    Etaler la pâte sablée pour en foncer 1 moule à tarte de 22 cm de diamètre
    Piquer de multiples coups de fourchette
    Lester de poids (pois chiches, riz...)
    Enfourner 20-25 minutes à 180°C, en enlevant les poids pour les 5 dernières minutes
    Attention à ne pas trop faire cuire, sans quoi la pâte sera dure
    Laisser refroidir
    Couler un peu de ganache tiède sur le fond de tarte
    Répartir uniformément les dés de figue
    Recouvrir de la ganache
    Laisser figer au froid
    Parsemer d'un peu de cannelle sur la surface de la ganache.


    Les quantités sont peut-être à revoir...


    On peut s'attendre à ce qu'un esprit dans lequel le type d' « esprit libre » doit un jour devenir mûr et savoureux jusqu'à la perfection ait eu son événement décisif dans ma grande libération, et qu'auparavant il n'en ait été que davantage un esprit serf, qui semblait lié pour toujours à son coin et à son pilier. Quelle est l'attache la plus solide? Quels liens sont presque impossibles à rompre? Chez les hommes d'une espèce rare et exquise, ce seront les devoirs: ce respect tel qu'il convient à la jeunesse, la timidité et l'attendrissement devant tout ce qui est anciennement vénéré et digne, la reconnaissance pour le sol qui l'a portée, pour la main qui l'a guidée, pour le sanctuaire où elle apprit la prière, - ses instants les plus élevés mêmes seront ce qui la liera le plus solidement, ce qui l'obligera le plus durablement. La grande libération arrive pour des serfs de cette sorte soudainement, comme un tremblement de terre : la jeune âme est d'un seul coup ébranlée, détachée, arrachée – elle-même ne comprend pas ce qui se passe. C'est une investigation, une impulsion qui s'exerce, et se rend maîtresse d'eux comme un ordre ; une volonté, un souhait s'éveille, d'aller en avant, n'importe où, à tout prix ; une violente et dangereuse curiosité vers un monde non découvert flambe et flamboie dans tous les sens. « Plutôt mourir que vivre ici » - ainsi parle l'impérieuse voix de la séduction : et cet « ici », ce « chez nous » est tout ce qu'elle a aimé jusqu'à cette heure! Une peur, une défiance soudaines de tout ce qu'elle aimait, un éclair de mépris envers ce qui s'appelait pour elle le « devoir », un désir séditieux, volontaire, impétueux comme un volcan, de voyager, de s'expatrier, de se dépayser, de se rafraîchir, de se dégriser, de se mettre à la glace, une haine pour l'amour, peut-être une démarche et un regard sacrilège en arrière, là-bas, où elle a jusqu'ici prié et aimé, peut-être une brûlure de honte sur ce qu'elle vient de faire, et un cri de joie en même temps pour l'avoir fait, un frisson et d'ivresse et de plaisir intérieur, où se révèle une victoire – une victoire ? sur quoi ? sur qui ? victoire énigmatique, problématique, sujette à caution, mais qui est enfin la première victoire : - voilà les maux et les douleurs qui composent l'histoire de la grande libération. C'est en même temps une maladie qui peut détruire l'homme, que cette explosion première de force et de volonté de se déterminer soi-même, de s'estimer soi-même, que cette volonté de volonté libre : et quel degré de maladie se décèle dans les épreuves et les bizarreries sauvages par lesquelles l'affranchi, le libéré, cherche désormais à se prouver sa domination sur les choses ! Il pousse autour de lui de cruelles pointes, avec une insatiable avidité ; ce qu'il rapporte de butin doit payer la dangereuse excitation de son orgueil ; il déchire ce qui l'attire. Avec un sourire mauvais, il retourne tout ce qu'il trouve voilé, épargné par quelque pudeur : il cherche à quoi ressemblent ces choses quand on les met à l'envers. C'est arbitraire et plaisir à l'arbitraire, si peut-être il accorde maintenant sa faveur à ce qui avait jusque-là mauvaise réputation, - s'il va rôdant curieux, et chercheur, autour du défendu. Au fond de ses agitations et débordements – car il est, chemin faisant, inquiet et sans but comme dans un désert – se dresse le point d'interrogation d'une curiosité de plus en plus périlleuse. « Ne peut-on pas retourner toutes les valeurs? et le bien est-il peut-être le mal ? et Dieu rien qu'une invention et une rouerie du diable ? Tout peut-il être faux en dernière analyse ? Et si nous sommes trompés, ne sommes-nous pas par là aussi trompeurs ? Ne faut-il pas aussi que nous soyons trompeurs? » - Voilà les pensées qui le guident et l'égarent, toujours plus avant, toujours plus loin. La solitude le tient dans son cercle et dans ses anneaux, toujours plus menaçante, plus étouffante, plus poignante, cette redoutable déesse et mater saeva cupidinum* – mais qui sait aujourd'hui ce que c'est que la solitude ?...

    Friedrich Nietzsche

    jeudi, juillet 07, 2005

    Cheesecake aux Myrtilles

    Je mets plus de photos, les cheesecakes ça sait pas se tenir.

    la purée de myrtilles


  • 200-300g de myrtilles fraîches ou surgelées
  • 3cs bombées de sucre

  • Mélanger les myrtilles avec le sucre
    Porter sur feu doux et cuire quelques minutes, que le sucre fonde
    Mixer grossièrement les myrtilles pour obtenir une purée à peu près homogène
    Laisser frémir quelques minutes

    le fond de biscuits


  • 150g de biscuits sablés au beurre (type palets bretons)
  • 30g de beurre fondu

  • Ecraser les biscuits à grands coups de rouleau à pâtisserie
    Mélanger avec le beurre fondu pour obtenir un amas sableux
    Tapisser le fond d'un moule à manquer largement beurré
    Lisser la surface avec le dos de la cuillère

    la garniture


  • 600g de fromage blanc crémeux (type Calin, Jockey)
  • 1cs bombée de crème fraîche épaisse
  • 2 fromages blancs type faisselle
  • 200g de sucre
  • 1 sachet de sucre vanillé
  • 3 oeufs frais

  • Fouetter les fromages blancs avec la crème fraîche
    Ajouter les sucres et bien mélanger
    Incorporer les oeufs et homogénéiser l'ensemble

    Garnir le moule de la préparation
    Verser délicatement la purée de myrtilles par-dessus
    Tracer des sillons au couteau dans la masse
    Enfourner 1h-1h15 à 150-160°C, que la garniture soit figée
    Réserver au froid avant de servir.

    mmm... et ça fond dans la bouche.

    La sonnerie du Ciné-Eldorado retentissait dans l'air clair. C'est un bruit familier du dimanche, cette sonnerie en plein jour. Plus de cent personnes faisaient queue, le long du mur vert. Elles attendaient avidement l'heure des douces ténèbres, de la détente, de l'abandon, l'heure où l'écran, luisant comme un caillou blanc sous les eaux, parlerait et rêverait pour elles. Vain désir : quelque chose en elles resterait contracté ; elles avaient trop peur qu'on ne leur gâchât leur beau dimanche. Tout à l'heure comme chaque dimanche, elles allaient être déçues : le film serait idiot, leur voisin fumerait la pipe et cracherait entre ses genoux ou bien Lucien serait si désagréable, il n'aurait pas un mot gentil ou bien, comme par un fait exprès, justement aujourd'hui, pour une fois qu'on allait au cinéma, leur douleur intercostale allait renaître. Tout à l'heure comme chaque dimanche, de sourdes petites colères grandiraient dans la salle obscure.

    Jean-Paul Sartre, La Nausée.

    mercredi, juillet 06, 2005

    Fondant aux cerises


    Initialement cette recette est faite pour des cerises griottes au sirop. Cependant comme la saison s'y prête, autant utiliser des fruits frais. On dénoyautera les cerises avec soin et on n'aura aucune réticence à laisser se répandre leur jus lors de la cuisson.


  • 350g cerises griottes, dénoyautées
  • 175g de chocolat râpé (50-60 %)
  • 4 oeufs
  • 100g de sucre
  • 1 sachet de sucre vanillé
  • 100g de beurre mou
  • 1cc de levure chimique
  • 175g de farine, tamisée

  • Travailler le beurre en pommade avec les sucres
    Incorporer les oeufs un à un
    Ajouter le chocolat râpé (le plus finement possible, même si c'est certes fastidieux, long, pénible...)
    Mélanger la farine et la levure
    Incorporer progressivement ces éléments solides à la préparation
    Garnir un moule à manquer beurré et fariné
    Disposer les cerises dénoyautées en les enfonçant légèrement dans la pâte
    Enfourner 30 minutes à 180°C.

    Accompagner éventuellement d'une cuillère de crème fraîche. Le gâteau est très moelleux, avec les touches de chocolat râpées qui fondent agréablement sous le palais. Les cerises juteuses relèvent le tout par leur acidité.

    Comment pouvais-je me rendre supérieur à la force de l'argent ? Le procédé le plus simple était de m'écarter de la sphère de son influence, c'est-à-dire la civilisation : aller aux champs, manger des racines et boire de l'eau des sources ; me promener nu, et vivre comme un animal. Mais cela, en admettant même que ce ne fût pas difficile à faire, n'était pas combattre une fiction sociale ; ce n'était même pas combattre - c'était fuir. Bien sûr, celui qui refuse d'engager le combat n'y est pas vraiment vaincu. Mais il est vaincu moralement parce qu'il ne s'est pas battu. Le procédé ne devait pas être celui-là : ce devait être un procédé de combat et non de fuite. Comment soumettre l'argent, en le combattant ? Comment me dérober à son influence et à sa tyrannie sans esquiver la rencontre ? Il n'y avait qu'une manière : l'acquérir. L'acquérir en quantité suffisante pour cesser de sentir son influence ; et plus grande serait la quantité, plus libre je serais. Quand j'ai vu cela clairement, avec toute la force de mes convictions et ma logique d'homme lucide, je suis entré dans la phase actuelle - commerciale et bancaire, cher ami - de mon anarchisme.

    Fernando Pessoa, Le banquier anarchiste.

    mardi, juillet 05, 2005

    Artichauts et Epinards

    Une garniture verte qui se prête bien aux spaghetti ou aux orechiette.

  • 5 artichauts poivrade
  • 150-200g d'épinards, lavés et hachés grossièrement
  • 1 gousse d'ail, finement hachée
  • 1 gros oignon, finement émincé
  • huile d'olive
  • persil plat haché

  • Oter les feuilles dures des artichauts jusqu'à la base tendre
    Emincer finement chaque artichaut en enlevant au fur et à mesure les parties dures
    Faire revenir ces lamelles d'artichauts une dizaine de minutes dans un peu d'huile
    Ajouter l'oignon et l'ail et poursuivre 2-3 minutes
    Ajouter enfin les épinards et saisir 2-3 min à feu plus vif
    Assaisonner et parsemer de persil plat.

    Uh-huh. Eighteenth century, no such thing, nada, nothing. No one ever imagined such a thing. No sane person. Along comes this doctor, uh, Semmelweis, Semmelweis. Semmelweis comes along. He's trying to convince people, other doctors mainly, that's there's these teeny tiny invisible bad things called germs that get into your body and make you sick. He's trying to get doctors to wash their hands. What is this guy? Crazy? Teeny, tiny, invisible? What do they call it? Uh-uh, germs? Huh? What? Now, up to the 20th century, last week, as a matter of fact, before I got dragged into this hellhole. I go in to order a burger at this fast food joint, and the guy drops it on the floor. James, he picks it up, he wipes it off, he hands it to me like it's all OK. "What about the germs?" I say. He says, "I don't believe in germs. Germs is a plot made up so they could sell disinfectants and soaps." Now he's crazy, right?

    Terry Gilliam, Twelve Monkeys (95).

    samedi, juillet 02, 2005

    Madeleines au Chocolat





    Il s'agit de madeleines légères et intensément chocolatées, légèrement parfumées à la cardamome, dont la recette est largement inspirée (pour ne pas dire à peu près recopiée) de celle des madeleines au chocolat et au citron de Pierre Hermé. Peu de farine, beaucoup de beurre (as usual), une pincée de levure et du cacao plutôt que du chocolat.

    Qu'est-ce qu'il nous faut ?

    • 3cs de cacao non sucré, du Van Houtten c'est mieux
    • les graines de 3-4 cosses de cardamome, finement broyées (pilonnées même, si vous disposez de l'ustensile adéquat)
    • 2 gros oeufs
    • 90g de sucre
    • 70g de farine
    • 1cc et demi de levure chimique
    • 100g de beurre à température ambiante

    Comment procéder ?

    1. Mélanger le sucre avec les graines écrasées de cardamome
    2. Humidifier éventuellement pour mieux laisser se développer l'arôme de cardamome
    3. Incorporer les œufs en battant au fouet
    4. Presser le beurre dans ses mains afin de le ramollir (pommade)
    5. Répartir au fouet dans le mélange
    6. Tamiser ensemble le cacao, la farine et la levure pour ajouter ces éléments solides à la préparation, toujours au fouet
    7. Mélanger pour obtenir une consistance homogène
    8. Couvrir le saladier d'un film plastique et placer au frais le plus longtemps possible (bon, pas une semaine non plus)
    9. Préchauffer le four à 220°C (chaud)
    10. Garnir 12 moules à madeleines beurrés et farinés
    11. Enfourner à peine un quart d'heure à 180°C, la porte du four laissée entrouverte à l'aide d'un ustensile en métal (du bois pourrait s'enflammer!)
    12. Laisser reposer avant de démouler.

    C'est le repos au frais qui permet la formation d'un petit renflement à la cuisson (choc thermique...). Une fois les madeleines complètement refroidies, on peut les entreposer dans une boîte hermétique en fer blanc pour les conserver quelques jours.

    Mais parmi les chacals, les panthères, les lices,
    Les singes, les scorpions, les vautours, les serpents,
    Les monstres glapissants, hurlants, grognants, rampants,
    Dans la ménagerie infâme de nos vices,

    Il en est un plus laid, plus méchant, plus immonde!
    Quoiqu'il ne pousse ni grands gestes ni grands cris,
    Il ferait volontiers de la terre un débris
    Et dans un bâillement avalerait le monde;

    C'est l'Ennui
    - l'œil chargé d'un pleur involontaire,
    Il rêve d'échafauds en fumant son houka.
    Tu le connais, lecteur, ce monstre délicat,
    - Hypocrite lecteur, - mon semblable, - mon frère!


    Charles Baudelaire, Au Lecteur.

    vendredi, juillet 01, 2005

    Recycler des bananes condamnées


    3 bananes archi-mûres, la peau noire et le toucher mou... personne pour les manger. C'est ainsi que je vous expose mon fondant à la banane.

    1° temps
    Blanchir au fouet 2 oeufs entiers avec 100g de cassonade. Incorporer 100 mL de crème fraîche liquide et 1 bouchon de rhum. Ajouter enfin 125g de farine et bien homogénéiser le tout.
    Garnir un moule à manquer beurré de la préparation.

    2° temps
    Découper les trois bananes (en prédécomposition) en rondelles épaisses. Disposer les rondelles sur la préparation précédente.

    3° temps
    Blanchir au fouet encore 2 oeufs avec 2 sachets de sucre vanillé (Bourbon hein). Incorporer 100g de noix de coco râpée. Verser enfin 60g de beurre fondu et mélanger. Recouvrir les rondelles de bananes de cette seconde préparation. Lisser avec le dos d'une cuillère.

    Enfourner 35 minutes à 150°C (le four ne doit pas être trop chaud, ni le moule à manquer trop grand d'ailleurs pour garder une épaisseur respectable).

    C'est vrai que j'ai aussi coulé un peu de chocolat fondu par dessus, juste comme ça.

    Oubliant aussitôt le spectacle de la rue, Zazie s'approcha de la bouche, la sienne sèche d'émotion. Contournant à petits pas une balustrade protectrice, elle découvrit enfin l'entrée. Mais la grille était tirée. Une ardoise pendante portait à la craie une inscription que Zazie déchiffra sans peine. La grève continuait. Une odeur de poussière ferrugineuse et déshydratée montait doucement de l'abîme interdit. Navrée, Zazie se mit à pleurer.
    Elle y prit un si vif plaisir qu'elle alla s'asseoir sur un banc pour y larmoyer avec plus de confort. Au bout de peu de temps d'ailleurs, elle fut distraite de sa douleur par la perception d'une présence voisine. Elle attendit avez curiosité ce qui allait se produire.
    Il se produisit des mots, émis par une voix masculine prenant son fausset, ces mots formant la phrase interrogative que voici :
    "Alors, mon enfant, on a un gros chagrin ?"
    Devant la stupide hypocrisie de cette question, Zazie doubla le volume de ses larmes. Tant de sanglots semblaient se presser dans sa poitrine qu'elle paraissait ne pas avoir le temps de les étrangler tous.
    "C'est si grave que ça ? demanda-t-on.
    – Oh ! voui, msieu."
    Décidément, il était temps de voir la gueule qu'avait le satyre. Passant sur son visage une main qui transforma les torrents de pleurs en rus bourbeux, Zazie se tourna vers le type. Elle n'en put croire ses yeux. Il était affublé de grosses bacchantes noires, d'un melon, d'un pébroque et de larges tatanes. C'est pas possib, se disait Zazie avec sa petite voix intérieure, c'est pas possib, c'est un acteur en vadrouille, un de l'ancien temps. Elle en oubliait de rire.
    Raymond Queneau, Zazie dans le métro (1959).